Voir tome !«=% page 164 (livre II, ch. xiii
186 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
assemblés fût insérée dans leurs registres pour servir de règle dans les actes et dans toutes les disputes de leur Faculté, comme étant une décision en matière de foi. Surtout il fît comprendre aux docteurs qu'ils seraient perdus sans ressource s'ils avaient la hardiesse de représenter quelque chose qui pût désagréer à Sa Majesté et blesser, pour peu que ce fût, le respect qui était dû au souverain pontife en sa constitution. On aurait dit, en voyant les plus sages et les plus désintéressés dans l'abattement où ils étaient, qu'ils venaient de perdre en un instant ce qu'ils avaient de plus précieux, de plus sacré et de plus inviolable. Les autres, qui avaient concerté cette harangue et qui y trouvaient leur compte, ne pouvaient contenir leur joie ni s'empêcher de la témoigner par les insultes qu'ils faisaient aux docteurs disciples de saint Augustin.
Plusieurs s'attendaient que le prélat, après avoir exposé tout ce qui était de sa commission, se retirerait à l'instant même : car après [que] la lettre du roi et la constitution [avaient été lues] et que les intentions de Sa Majesté avaient été expliquées, il semblait qu'il n'y eût plus rien à faire pour un commissionnaire ou un envoyé de Sa Majesté, que de laisser aux docteurs la liberté de leurs suffrages en se retirant de leur assemblée. Car il est hors de doute que la seule prononciation du nom du roi et le seul exposé de sa volonté, qui est toute absolue et toute souveraine, ne peut être employée, principalement en matière de religion, sans obliger à des réserves et des retenues que l'on n'aurait pas sans cela. Mais ils furent tout surpris de le voir demeurer et obliger froidement tous les docteurs [d'opiner] et délibérer en sa présence. Quelques- uns d'eux, ne pouvant souffrir cette blessure de la liberté ecclésiastique, sortirent de l'assemblée pour ne pas trahir leur conscience en supprimant les choses qu'ils auraient été obligés de dire s'ils eussent opiné sur cette affaire. Quelques autres, ayant été avertis de la résolution prise avec ce prélat, ne voulurent pas se trouver à cette assemblée où ils prévoyaient que la Faculté allait recevoir une plaie qui ne se refermerait pas sitôt. Us essayèrent de faire des protestations devant et après cette assemblée ; mais comme le nom de Sa Majesté était employé dans cette affaire, et qu'elle était fondée sur une déclaration de Sa Majesté, les notaires refusèrent de