LIVRE VIII
main lés intérêts de l'Université de Caen dont il devait être évêque et le conservateur de ses droits, et qu'il emploierait pour elle son crédit envers Sa Majesté, étant fils de M. Mole, premier président, qui avait alors les sceaux. Mais ce docteur de Caen trouva tout le contraire de ce qu'il avait espéré; cet abbé lui fit des menaces et des reproches de ce qu'il avait bien osé accompagner un homme dont il s'était fait de grandes plaintes à Sa Majesté ; qu'elle avait mandé pour lui venir rendre compte de ses actions. « Vous l'avez voulu suivre, lui dit-il, vous pourriez bien l'accompagner encore où vous ne pensez pas. » M. deBeaussieu ayant réparti qu'il n'avait pas cru faire un crime en exécutant la conclusion de son corps pour venir rendre témoignage à l'innocence de son collègue et défendre les droits de l'Université de Caen, il se retira sans autre fruit de cette visite que d'avoir connu tout de nouveau par la préoccupation de ce prélat désigné que les Jésuites occupaient et fermaient toutes les avenues* par où ils craignaient que l'innocence ne trouvât accès pour demander justice au roi. Celait à quoi ces bons Pères travaillaient avec tout le soin et toute l'application possibles, tant par le crédit qu'avait auprès des premiers magistrats leur P. Paulin, confesseur de Sa Majesté, que par le moyen de leurs émissaires qu'ils avaient dans la Sorbonne et dans l'Université de Paris. En voici des marques.
Les députés de la Sorbonne n'ayant pu fléchir M. le chancelier, qui avait eu assez de dureté pour ne considérer ni leur témoignage ni leurs prières, se virent obligés, pour exécuter la conclusion de leur Compagnie, d'aller trouver M. le recteur de l'Université dans l'assemblée particulière qui se. tient chez lui tous les mois et où se trouvent seulement les doyens des Facultés, les procureurs des nations, et quelques officiers de l'Université. Deux de ces députés, qui étaient MM. de Mince et Deschâteaux', s'y étant rendus le 4 décembre 1653, dirent qu'ils venaient au nom de la Sorbonne pour supplier M. le recteur de se
n'ait été nommé durant quelque temps à la place de son frère. L'évêché de Bayeux fut vacant de 1652 à 1634, et occupé à cette dernière date par Krançois Servien, évèque de Carcassonne.