I. le nonce que par MM. les agents généraux du clergé de
France, avec une lettre de Sa Majesté, le 18 du mois d'août
de cette année 1653. Comme il connaissait la disposition du
doyen de sa cathédrale et de plusieurs de son chapitre qui
lui avaient suscité l'année précédente le P. Noël, cordelier,
pour prêcher avec tant de chaleur et de contention des
^matières de la grâce qu'il avait été obligé de Tinterdire, il
jrut devoir un peu se ménager avec ces esprits entrepre-
lants qui ne cherchaient que l'occasion de causer du
trouble dans son église, quoique de sa part il fût toujours
|rès disposé à rendre le bien pour le mal, ainsi qu'il l'avait
issez témoigné cette année là même en appuyant de sa
recommandation auprès de ses amis du Parlement de Paris
ine affaire d'honneur qu'ils avaient contre le siège présidial
le leur ville. Mais parce que quelques docteurs attachés à
personne avaient approuvé le livre de la Fréquente corn-
lunion de M. Arnauld dès l'an 1643, et que le peuple
;rossier, animé par les partisans de Molina^, croyait que la
îondamnation des cinq propositions devait abolir toute la
liscipline de l'Église, le principal soin qu'il eut en faisant
lublier sa constitution fut de ruiner cette fausse persuasion
[ui ne tendait qu'à établir le relâchement et à autoriser le
[libertinage. Pour cet effet, il fit publier le 24® jour d'août
lans les paroisses de son diocèse un mandement qu'il avait
Iressé dès le 18, et qu'il avait envoyé au chapitre dès le 20
avec toutes les autres pièces qui lui avaient été adressées. 11 s'était étudié à l'exprimer en des termes que les plus animés à décrier sa conduite ne pussent calomnier, se contentant de dire que « comme l'intention du pape et la sienne était d'étouffer toute sorte de trouble parmi les catholiques, s'il s'y en était formé, et d'empêcher qu'il ne s'y en formât à l'avenir, il désirait que par leur charité et par leur prudence ils l'aidassent dans ce bon dessein. Il ajoutait que parce qu'il avait reconnu que quelques personnes, pour n'être pas assez instruites des cinq propositions qualifiées et condamnées par la bulle de Notre Saint Père le pape, s'en voulaient servir pour autoriser le relâchement et l'impénitence, et pour décrier sous des noms odieux les prédicateurs et les confesseurs, tant séculiers que réguliers, qui gardaient fidèlement ses ordonnances, qui n'étaient autres que celles de l'Église, il leur enjoignait de faire en sorte que l'on se gardât de cet excès, et de faire entendre qu'il ne s'agissait nullement dans cette bulle de l'administration des sacrements ni de la discipline des mœurs pour laquelle ses diocésains étaient obligés de se soumettre à sa conduite. »
Mais quelque soin que prît ce sage prélat de ne rien mettre dans son mandement qui pût causer quelque division dans son église, l'ennemi de la véritable paix travaillait de son côté à aigrir et à soulever les esprits de ses chanoines et à jeter les semences de l'une des plus horribles divisions qui aient jamais été dans l'Église, et dont les suites inouïes doivent faire gémir ceux qui ont de l'amour pour l'unité ecclésiastique et du respect pour la dignité des évoques. 11 inspirait à des prêtres, dont tout l'honneur et toute la gloire étaient d'être unis avec leur chef, de se soulever contre lui et d'attenter sur son autorité. Il leur persuadait qu'au lieu de faire lire et d'enregistrer la constitution dans leur chapitre où se tenaient leurs assemblées ordinaires, il était à propos de dresser un mandement particulier pour la publication de cette même constitution, dans lequel ils répandraient tout le venin de leur passion^ et emploieraient tous les termes qui pouvaient blesser plus mortellement l'autorité épiscopale.
Cet attentat était sans exemple, le chapitre de Beauvais n'ayant ni territoire, ni troupeau, ni juridiction sur des pa