‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 134 sur 510 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

■ y avaient insérés. Mais elle n'arrêta pas leur entreprise qui fut telle qu'au sortir de sexte ils firent lire la constitution d'Innocent X dans le chœur de leur église, toutes les portes ouvertes, en présence de plusieurs laïques qu'ils y avaient attirés et sur lesquels ils n'avaient nulle autorité, et firent afficher leur mandement à la porte du chapitre, à toutes celles de l'Église et à celle de l'église collégiale de Saint- Nicolas dont ils donnent les prébendes. Les chanoines appelants eurent l'humiliation d'assister à la lecture qui s'en fit, de peur de passer pour rebelles au Saint-Siège dans l'estime du simple peuple qui ne sait pas bien démêler la juridiction d'avec la doctrine, et commencèrent à boire cette coupe d'amertume qui était comme l'essai de toutes celles dont ils devaient être rassasiés dans la suite de cette affaire, qui a duré près de vingt ans.

Ce mandement s'étant trouvé déchiré au bout d'une heure, le chapitre en soupçonna l'un des officiers du bailliage et comté de Beau vais et menaça d'en faire informer. Mais quelque chaleur qu'ils fissent paraître contre lui, leurs menaces furent sans effet et leur colère ne fit point d'autre mal que de lui faire garder le logis pendant deux ou trois jours.

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