‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 150 sur 510 · CHAPITRE XXVll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVll

Le pape donne audience à M. Hallier et à ses collègues.

Comme M. Hallier et ses collègues n'étaient demeurés dans Rome que pour y attendre les nouvelles du succès que la constitution aurait eu en France, sitôt qu'ils eurent appris qu'elle y avait été reçue par les évêques qui étaient à la suite de la cour et par M. l'archevêque de Paris, ils ne pensèrent plus qu'à leur retour, et prièrent M. l'ambassadeur de leur procurer leur audience de congé pour recevoir la bénédiction deSaSainteté. 11 le leur promit, et les ayant vus dans l'antichambre du pape lorsqu'il y passa pour celte audience extraordinaire, il leur fit espérer qu'ils pourraient avoir la leur ensuite de la sienne.

Ce sage ministre s'étant quelquefois vu en peine de répondre au pape sur les plaintes qu'il lui faisait du gouvernement de Franco, et ne se voyant que lui seul qui soutint

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dans la cour de Rome les intérêts du roi et de la couronne, crut que l'audience que M. Rallier sollicitait lui était une conjoncture très favorable pour se tirer de l'embarras d'une affaire très odieuse. 11 cherchait les moyens de faire comprendre à Sa Sainteté que si M. le cardinal de Retz eût été en place elle n'aurait jamais vu le bon succès de la bulle, et toutes ses ouvertures n'avaient fait nulle impression sur son esprit ; cela lui fît croire que s'il pouvait faire parler une fois M. Hallier sur cet article lorsqu'il serait avec le pape, il aurait tout gagné, parce que Sa Sainteté, qui le prenait pour un bon docteur qui parlait sans dissimulation et sans dessein, selon que M. Albizzi et les Jésuites le lui avaient représenté, et selon que lui-même se l'était imaginé en l'entendant parler dans les audiences qu'il lui avait données, se laisserait sans doute persuader par ce théologien. Lui ayant donc procuré et à ses confrères cette audience de congé qu'ils sollicitaient, après qu'ils eurent fait leur compliment, il conjura le pape de leur demander ce qui serait arrivé de sa constitution si M. le cardinal de Retz eût été en pouvoir, et si le succès de sa publication eût dépendu de lui. Sa Sainteté ayant consenti que M. l'ambassadeur lui-même leur proposât cette question, ce ministre s'adressa à M. Hallier pour le conjurer déparier avec toute la sincérité qu'il devait au Saint Père, et de lui dire la vérité touchant le succès de sa constitution, et ce qu'il pensait qui eût dû arriver si M. le cardinal de Retz eût été à la place de M. le cardinal Mazarin et que la chose eût dépendu de lui. M. Hallier, entendant bien ce que M. l'ambassadeur voulait dire, et d'ailleurs étant très mal intentionné pour M. le cardinal de Retz, comme il avait paru dans les discours qu'il avait tenus de lui, dit qu'il parlerait dans toute la sincérité possible pour rendre à la vérité ce qu'il lui devait et selon ce que {sic) sa conscience l'y obligeait. Ensuite, il s'étendit sur les qualités de M. le cardinal de Retz et sur les engagements qu'il lui attribuait avec les principaux disciples de saint Augustin. 11 inventa des intrigues contre eux, qui n'avaient jamais été, afin de donner plus de créance à ses paroles et surprendre plus facilement l'esprit du pape; il parla de ceux qu'il appelait Jansénistes comme de gens de cabales et d'intrigues qui ne cherchaient qu'à troubler l'Église et l'État et qui se servaient de leurs grandes riches-

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