LIVRE X
chose de si noir dans l'esprit de leurs confrères qu'il avait l^^té contraint de s'en détacher ; que M. Chaiilou faisait ^^■eaucoup valoir parmi ceux de ce parti la sentence du lieu- ^^■enant- criminel de Poitiers contre la lettre pastorale de ^^H[. l'archevêque de Sens, et qu'un de ceux de sa cabale ^^Byant eu assez d'équité naturelle pour lui représenter que
cet archevêque n'étant pas du ressort du présidial de Poi-
I^^^^ers, un juge laïque n'avait pu connaître de cette affaire ^Bins une entreprise manifeste, M. Chaiilou avait soutenu que Sens relevait de Poitiers pour la justice temporelle.
Ceux que le sieur Godefroy consulta pour se garantir de la violence du chapitre lui conseillèrent de faire venir ses parties devant le bailli de Beauvais ou son lieutenant. Les chanoines, ne s'attendant pas à ce coup, en furent toutétourdis et n'eurent pas d'autre ressource que de lui faire signifier un renvoi aux requêtes du Palais. Tout le monde avait sujet de s'humilier en cette rencontre ; les chanoines révollE tés, par la considération de cet obstacle imprévu ; M. l'évêque de Beauvais et ceux qui soutenaient sa cause, par le peu d'examen qu'ils faisaient alors de la qualité de cet esprit évaporé et qui était l'inconstance même. Il est vrai que personne n'avait jamais dû être moins propre que lui à tromper des personnes sages et judicieuses ; mais il est constant qu'il n'était alors de concert avec personne, et que la promptitude de son changement était capable d'éblouir ceux qui croyaient voir dans la fermeté de son opposition uelque chose de plus que des apparences. Il fallut que le mps fît voir deux ans après ce qu'il était dans le fond du ur, et qu'il le lui fît voir à lui-même avant que d'en perader les autres.
On a su depuis que ce fut en ce temps-là que M. Chaiilou rivit au pape une lettre contre M. l'évêque de Beauvais ur porter Sa Sainteté à donner à son chapitre la qualité ordinaires, et qu'il le fît avec tant de violence, qu'il faisait presque passer ce prélat pour démoniaque en parlant des agitations de son esprit : Agitatur episcopus Bellovacensis, Nous verrons ailleurs les effets de ses calomnies et de ses suppositions.
I Cependant ce doyen était alors tellement blessé que tout choquait dans le diocèse. M. Carré, docteur de la maison —
et de concours de peuple, sans toucher aux matières contestées. Mais M. Ghaillou et ses adhérents ne pouvaient souffrir ce qu'il disait delà doctrine de la morale, parce que c'était un reproche de leur relâchement. Après en avoir murmuré souvent entre les dents, ce doyen ne put s'empêcher de dire à la fin de l'un des derniers sermons de TA vent aux deux vicaires généraux de M. de Beauvais que la prédication qui venait de faire M. Carré scandaliserait tout le peuple à cause qu'il avait montré que la doctrine des indulgences ne détruisait pas la satisfaction, et qu'il avait cité sur ce sujet, Navarre, Bellarmin, et le concile de Latranqui étaient de ce sentiment. Il fît cette plainte avec une passion et une chaleur dont tout le peuple fut témoin, le regardant de la nef dans le jubé.
Mais il fut très mauvais prophète de ce prétendu scandale, car ce jour-là même le P. Varrige, correcteur des Minimes de Beauvais, l'un de ses meilleurs amis, assura M. Tristan, l'un de ces deux vicaires généraux de M. l'évéque de Beauvais, que cette prédication lui avait paru excellente, et que celui qui l'avait prononcée méritait des louanges pour avoir si bien parlé des indulgences et de la satisfaction.