Ms. : di Riti
église cathédrale, qui cherchait toutes les occasions de lui faire insulte, reçut de Rome la réponse d'une lettre qu'il y avait écrite au mois de décembre pour les prétentions de son chapitre et qui était demeurée dans l'obscurité de ce temps-là. Ce prélat avait représenté dans sa lettre pastorale que la constitution n'étant adressée qu'aux ordinaires des lieux, les chanoines de Beauvais qui n'avaient point cette qualité n'avaient pu sans injustice se persuader qu'ils étaient compris dans cette adresse.
M. Chaillou, qui s'opiniâtrait pour attribuer ce titre à sa compagnie, avait écrit sourdement au pape le premier jour de décembre de l'année précédente, exposant à Sa Sainteté u que le chapitre de Beauvais n'ayant prétendu autre chose dans la publication qu'il avait faite de la constitution que de témoigner sa diligence et son obéissance envers le Saint- Siège, néanmoins M. l'évêque de Beauvais, révoquant en doute leur exemption et le privilège qu'ils avaient de n'être soumis qu'au Saint Siège et de ne relever que de lui, leur avait fait un crime de leur obéissance et les avait menacés de la peine de l'excommunication, sans considérer qu'ils ne relevaient nullement de sa juridiction ; qu'ils avaient fait cette publication en qualité d'ordinaires qui avaient des sujets sur lesquels ils exerçaient cette juridiction comme les autres chapitres de l'église de France ; et particulièrement ceux des églises de Chartres, d'Angers, de Ghâlons, qui avaient fait des mandements pour la publication de la constitution dans l'étendue de leur territoire, auxquels les évoques n'avaient trouvé rien à redire, et n'en avaient point été touchés; qu'il n'y avait que M. l'évêque de Beauvais qui s'en était tourmenté et qui leur avait fait des menaces. Que c'était pour cela qu'ayant recours au bénéfice de l'appel, ils s'adressaient à Sa Sainteté, qu'ils la suppliaient de leur donner sa déclaration sur ce sujet, ou en leur écrivant une lettre, ou en telle autre manière qu'il lui plairait, afin qu'ils ne demeurassent pas dans le mépris du clergé et du peuple qui leur appartenait, qu'il les avait compris dans ce mot d'ordinaires des lieux qui étaient portés dans sa constitution. »
Ils cachèrent cette lettre à M. l'évêque de Beauvais et affectèrent de ne lui point faire signifier leur appel, afin d'obtenir plus aisément un bref de Rome pour s'établir dans
cette qualité qu'ils n'avaient jamais prétendue. Néanmoins, quelque étroite liaison qu'ils eussent avec les Jésuites, conducteurs de leur intrigue, et avec les autres chefs du parti de Molina qui remuaient alors les grandes machines, le pape à qui ils s'étaient adressés ne leur fit aucune réponse, et ils reçurent seulement une lettre de la Congrégation des Rites, qui contenait ce qui suit :
« Le premier jour de janvier de l'année 1654.
La sacrée congrégation estime, suivant les choses qui sont exposées dans la lettre ci-dessus, que le doyen et le chapitre de Beauvais sont compris sous le mot d'ordinaires dans les lieux où ils ont juridiction, et qu'ainsi il doit être déclaré à l'évêque et au chapitre. Signé : Pierre Aluysius Carafa, président, et scellé, et plus bas gratis même pour V écriture ^ François Paulutius, secrétaire de la sainte congrégation. >>
Quoique cette réponse ne fût nullement celle qu'ils attendaient, et qu'ils sussent bien que ces sortes d'actes ne fussent pas reçus en France, néanmoins ils le firent signifier le 20 de janvier à M. l'évêque de Beauvais pendant qu'il était à Paris, qui l'ayant reçu des mains du sieur Roger, notaire apostolique en la cour de l'archevêché de Paris, répondit qu'il ne pouvait pas recevoir cette signification à cause qu'elle était contraire aux droits et aux ordonnances de l'Église et du royaume de France.
Ils ne laissèrent pas de publier partout, ensuite de cette signification, que le pape avait prononcé en leur faveur. Ils se moquèrent de la réponse de M. l'évêque de Beauvais, et la firent passer devant le peuple pour un acquiescement. Mais dès que le résultat de l'assemblée du Louvre eût éclaté dans le monde, ils reprirent de nouvelles forces et redoublèrent leurs insultes plus hautement qu'auparavant. Et comme ils ne doutèrent plus de se maintenir dans ce droit imaginaire, ils se résolurent plus que jamais de faire de nouvelles entreprises. Leur emportement fut si grand qu'ayant fait imprimer leur lettre avec la réponse que cette congrégation y avait faite, ils les firent crier dans les rues de Paris pour se venger plus insolemment de ce prélat qui y était alors. Ils voulurent en régaler tous leurs confrères et en firent publier plusieurs exemplaires par leur greffier.
Mais ceux qui ne s'étaient point laissé prévenir par leur passion reconnurent par la lecture de cet acte que leur triom-