W' LIVRE XI
phe n'avait aucun fondement solide. Car les cardinaux de cette congrégation, dont notre royaume ne reconnaît point le tribunal, n'ayant prononcé que sur l'exposé qu'ils avaient fait de cette affaire, la difficulté demeurait toujours, et il s'agissait de montrer en quoi consistait leur juridiction.
Il est vrai que la modération de M. l'évêquede Beauvais a toujours été extraordinaire à leur égard, car non seulement dans ce trouble et cette confusion de temps, mais depuis même que la face des affaires a été changée par le rétablissement de son autorité et de la liberté de ceux des chanoines qui avaient souffert pour la défense de l'Église et de sa cause, il n'a point voulu profiter des ouvertures que l'exemple de ses confrères lui donnait pour détruire des privilèges qui avaient été l'occasion de la révolte de son chapitre, et il n'a opposé que sa douceur à tous leurs emportements.
Cependant les chanoines que M. Chaillou avait engagés dans ses passions publiaient partout que leur doyen était en très grande considération dans Paris; qu'il était employé dans les plus importantes affaires, et que l'on ne faisait rien de conséquence sans sa participation. Ils le regardaient comme un homme rare et le révéraient comme un grand ministre qui était capable d'agir autant dans les affaires politiques que dans celles qui regardaient l'Église. Enfin il était l'objet de leur vénération et ils l'accablaient de louanges.