LIVRE XI
dans tout ce qu'il lui proposerait, et que lé pape y trouverait môme son compte, puisqu'on rendrait à sa constitution toute la déférence qu'il avait souhaitée, et qu'on lui ferait une lettre magnifique pour lui témoigner l'uniformité dans laquelle tous les évêques se trouvaient. Mais M. de Marca avait d'autres vues, étant assuré par toutes les lettres que l'on écrivait de Rome qu'il n'obtiendrait point de bulles de son archevêché de Toulouse que par le succès de cette affaire, pour étendre la constitution du pape au delà des intentions que Sa Sainteté avait eues en la faisant. Ainsi il rejeta une proposition qui n'allait ni à son but ni à celui du cardinal Ma^arin, et l'affaire de M. le cardinal de Retz étant au point qu'elle était dans la conjoncture présente, il dit que cela ne se pouvait. Quelque instance qu'on lui fît pour lui représenter que leur décision en la manière qu'ils la projetaient ne pourrait jamais subsister dans le fond quand on l'examinerait selon les règles, il déclara toujours qu'ils maintiendraient leurs décisions. On tâcha de lui faire concevoir que la décision de ce fait donnerait beaucoup de prise sur leur résolution, parce qu'il était aisé de vérifier le contraire, et que Jansénius se soutiendrait toujours par saint Augustin en ne rapportant que la doctrine de ce Père qui est expliquée dans le livre de M. d'Ypres. Il répondit à ceux qui lui faisaient cette remontrance qu'ils ne comprenaient pas bien leur délibération, puisqu'ils ne voyaient pas que ce ne serait pas les jansénistes qui seraient les juges de ce qu'ils allégueraient; mais que la chose devant revenir aux évêques, ils n'auraient garde de prononcer que d'une manière conforme à leur délibération; qu'ils étaient résolus de condamner la doctrine de ce livre, parce qu'elle n'était agréable ni à Rome, ni aux évêques ; qu'ils en useraient en cette occasion comme on avait fait à Rome des livres de saint Bernard, à la considération du pape Eugène, où l'on avait assuré^, non pas de le censurer, parce que l'on épargnait le mérite de Vautenr, propter tant i um dignitatem^ mais de censurer la doctrine qui y était contenue partout où elle se trouverait et où on serait assez hardi pour la rapporter ; qu'ainsi ils condamneraient la doctrine que Jansénius et les jansénistes diraient être de