‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 370 sur 510 · LIVRE Xll · texte numérisé non relu

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venaient d'attaquer d'une manière si outrageuse par les prédications du Père de Lingendes et par des écrits insolents et scandaleux. Mais quoique ce corps célèbre eût acquis beaucoup de réputation dans le monde, et qu'il dût se rendre redoutable par ses forces, s'il eût su se ménager comme il y était obligé dans une occasion aussi importante qu'était celle là à la discipline et à l'autorité de l'Eglise, ce grand engagement ne lui servit qu'à donner de tristes et honteuses marques de sa faiblesse par la publication de quelques écrits peu proportionnés au mérite de la matière dont il s'agissait.

Comme la plupart d'entre eux avaient abandonné la défense de la doctrine de saint Augustin, et qu'ils avaient une basse et déplorable jalousie contre ceux qui s'étaient signalés en la soutenant, ils ne pouvaient se résoudre à se servir de la plume de ceux dont les Jésuites craignaient avec raison l'éloquence et la doctrine. Cependant, ne s'étant jamais exercés eux-mêmes dans cette sorte de combat, et se voyant dans une nécessité pressante de repousser les attaques de leurs ennemis, ils s'adressèrent à un ecclésiastique qui avait lui-même plus de chaleur que de lumière et de force, et qui, dans sa manière d'écrire, donna de grands avantages à ces Pères dans le temps même qu'ils craignaient le plus de recevoir la juste punition de la témérité de leur entreprise. Ce fut le 15 juillet de cette année 1654 que l'on vit sortir de la presse : une Réponse au libelle intitulé : Dom Pacifique d'Avranches, rempli d'erreurs el de calomnies contre la sainte mémoire de feu M. Cévêque de Bclley et contre tous les curés de Paris, composé et distribué par les Jésuites en 1 6ô4\

Ces Pères n'étaient nullement épargnés ; mais l'auteur semblait plutôt avoir entrepris de les irriter que de les con-

iaincre : « Je défie, disait- il, les meilleurs casuistes de votre naison de nous dire la différence entre un jésuite et un ca- 1. L'ouvrage parut à Lyon, 58 p., m-4o. Ellies Dupin et Fouillou attribuaient à Antoine Arnauld ; on voit combien Ilermant, mieux reneigné, est loin de partager cette opinion. Il suffirait d'ailleurs de lire e pam[)hlet mal digéré et très mal écrit pourvoir que ce n'est point .% là le langage des MM. de Port-Royal ; quant au libelle de dom Pacifique d'Avranches, attribué au P. des Déserts, en voici le titre véri- Ïible d'après l'imprimé : Response à un escrit anonyme contre les reliieux\ 20 p., in-4o, sans nom d'imprimeur.

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baretier, puisque la Société fait vendre du vin en deux cents endroits dans Paris par ses coadjuteurs temporels, qui sont autant de mouchards spirituels de sa maltôte ; — entre un boulanger et un jésuite, puisque la Société cuit pour plusieurs grandes familles de Paris * ; — entre un partisan et un jésuite, puisque la Société donne des avis et met son argent et celui de beaucoup de ses amis dans les prêts ; — entre un monopoleur et un jésuite, puisque la Société reçoit tous les ans un péage sur chaque muid de vin qui entre dans Paris; — entre un marchand et un jésuite, puisque la Société vend du blé, des castors, des gants d'Angleterre, du thé% du quinquina', et a pris le parti des cuirs sous le nom de leurs pénrtents et de leurs affidés. Tous MM. les curés des villes renonceraient volontiers à leurs droits de présence et d'assistance pour la seule dîme de tous les proQts* que les Jésuites font dans leur trafics temporels et spirituels, s'ils étaient légitimes. »

L'on ne voyait point aussi que M. le curé de Saint-Paul eût beaucoup d'obligation à l'auteur de ce qu'il avait écrit de lui pour le défendre de ce que les Jésuites l'accusaient d'avoir acheté une charge à la cour : « Le frère" des Déserts disait.. . ; il saura en passant que le curé que sa cabale a malicieusement voulu perdre n'a point acheté de charge ni de maison du revenu de sa cure, et que les pauvres ont hérité du surplus après Pentretien de sa maison. On lui vérifiera par actes juridiques qu'il possédait un prieuré et une chanoinie longtemps avant qu'il fût curé; et plusieurs savent qu'il avait dès lors l'argent dont il acheta une maison l'année d'après qu'il entra dans sa cure, et que depuis il a reçu une succession en Bretagne^ de plus grande valeur que la charge qu'il avait chez le roi, si bien que la vérité et la jus-

1. On lit ici daus le texte imprimé, p. 29 : « dont les boulangers ont fait plainte à M. le Procureur du roi ».

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