‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 371 sur 510 · LIVRE Xïl · texte numérisé non relu

LIVRE Xïl

ticé pourront enfin triompher à leur tour de la calomnie et de riniquité des Jésuites, et tout le monde découvrira le malicieux artifice de leurs fourbes pour perdre ceux qui leur résistent. » On ne connaît point de disciple de saint Augustin ni de théologien attaché aux règles de l'Évangile et à la discipline de l'Église qui voulût ni se défendre, ni être défendu de la sorte, puisque cette sorte de justification peut plutôt passer pour une nouvelle accusation que pour une véritable apologie.

Cet auteur rapportait aussi plusieurs petites histoires de testaments qui ne devaient point être fort agréables aux Jésuites : « J'en laisse à juger à MM. les magistrats, disait-il, si les Jésuites n'ont pas plus souvent intérêt aux testaments que tous MM. les curés de l'église gallicane, et il ne faut que demander à la plupart des meilleures familles de la France si les Jésuites ne prétendent pas partager les plus grasses successions comme s'ils étaient enfants de la maison. Combien de grands procès ont-ils faits pour ce sujet quand on ne les a pas souff'erts rogner et tailler à leur fantaisie? Témoin le testament du sieur de MontignyS proche parent de MM. de Longueil *, qui ayant laissé aux Jésuites du noviciat trente mille livres qui étaient en un coffre-fort, ils le firent transporter en leur noviciat au faubourg Saint-Germain avant qu'icelui sieur de Montigny testateur^ fût mort, et quelque instante prière que fît le malade de parler au jésuite (le Père Hiérome qui l'avait confessé), on ne put l'obliger à revenir parce qu'il avait achevé son ouvrage, qui était d'escroquer la meilleure partie du bien de son pénitent. Ce que voyant le dit sieur de Montigny, il envoya prier M. de Saint-Sulpice, son pasteur, de le venir assister, lui demandant pardon de ce qu'il ne l'avait pas bien reçu quand il l'avait honoré de' sa visite; que son confesseur jésuite l'avait obligé de lui refuser l'entrée de

1. Je ne saurais dire quel est ce personnage ; il est question dans Tallemant des Réaux de trois Montigny de différentes familles. Gui- Patin cite un jeune médecin de ce nom mort jeune en 1652.

2. Il y eut deux Longueil, René de Longueil, président de Maisons, mort en 1677, et son fils Jean de Longueil, 1625-1705. Un autre fils de René Guillaume, sieur de Grisolles, mourut en 1669. — V. Tallemant des Réaux, pa&sim. Il a été question du président de Maisons, René de Longueil, au tome I" de ces Mémoires, p. 678,

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