‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 373 sur 510 · Claude Sounius, riche libraire de Paris · texte numérisé non relu

Claude Sounius, riche libraire de Paris

ItvRE XII 567

cela même on sait qu'ils ont été condamnés plusieurs fois, par beaucoup d'arrêls des parlements que l'on fera bientôt imprimer, à restituer à des veuves et à des orphelins des biens qu'ils s'étaient appropriés par des testaments suggérés. Ces procédés peuvent-ils en conscience être soufferts par les magistrats? Et c'est ainsi qu'ils se vantent d'épar-

Iner la dépense aux paroissiens, pour les obliger d'abanonner leurs paroisses et diffamer leurs curés. » On a cru devoir rapporter ces deux endroits comme un chantillon de toute la pièce, pour faire voir de plus en lus la conduite des Jésuites et le style de leur adversaire : Croyez-vous, disait-il, frère des Déserts, qu'il n'y ait peronne parmi tant de savants hommes qui composent cette énérable compagnie de curés de Paris, qui puisse répondre à vos méchants écrits? Vous avez tant reconnu à votre confusion que depuis plusieurs années la Société n'a pas fait imprimer une panse d'à qui n'ait été raturée. N'appréhendez-vous point tant de bons esprits qui, aimant l'Église plus que vous, pour la soutenir ont fait évidemment connaître l'ignorance de vos auteurs et la faiblesse de leurs plumes? Si bien que je peux vous assurer sans vanité que vous ne donnerez au public aucun écrit sans qu'il ne soit aussitôt réfuté à votre confusion. Et ne doutez pas que si votre cabale laissait toute liberté d'imprimer, vous verriez bientôt

» douze Jésuitiques du moins aussi véritables en leur sens que les Philippiques sont éloquentes. Vous verriez quatre Postérieures analytiques des F. F. Lingendes et Lambert d'un partisan congréganiste, et d'une maison que vous faites servir de bouclier à votre cabale, qui seraient un peu mieux reçus que vos Prieures analytiques *. »

Cependant les écrits des Jésuites contre les curés étaient si pleins d'invectives et d'erreurs que M. du Saussay fut

1. Ms. : « Tout homme qui, ayant à soutenir une cause aussi équitable qu'était celle de MM. les curés de Paris, menace ses adversaires d'éloquence les doit menacer éloquemment, et Tauteur de cette réponse semblait s'être dispensé de cette règle du bon sens dans une rencontre de cette importance. »

Ces lignes ont été barrées au ms. et non reproduites à la copie.

Voilà les Provinciales annoncées dix-huit mois avant leur apparition, et la violence du pamphlet de 1654 fait bien ressortir la délicatesse extrême et la réserve de Pascal, qui connaissant bien de tels faits n'a pas voulu les rapporter.

contraint de consulter plutôt son devoir que son inclination, et de faire publier aux prônes des paroisses, le dimanche 5 juillet, une censure qu'il ne pouvait supprimer sans prostituer son honneur et sans trahir par la dernière lâcheté la cause de toute l'Église. Ce qu'il put faire fut d'épargner le nom des Jésuites, quoiqu'ils fussent incontestablement les auteurs de ce libelle de dom Pacifique d'Avranches, et comme il lui aurait été fort aisé de les en convaincre dans toutes les formes de la justice, s'il eût voulu en rechercher la vérité par des lettres monitoires.

Mais cette censure ne fut pas capable de rendre les Jésuites plus modérés. Ils composèrent encore d'autres libelles plus insolents que les premiers, et sans ménager cet officiai qui les avait tant épargnés, ils le traitèrent luimême de schismatique par l'assurance qu'ils avaient qu'il ne se pouvait passer d'eux à cause de la poursuite des bulles de son évêché de Toul. Aussi les laissa-t-il jouir d'une entière impunité.

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