Imprimé : en sa visite
560 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
sa maison, et lui parlait toujours avec mépris de son curé ol sa paroisse ; et l'un des MM. de Longueil fit aller un commissaire dans le noviciat des Jésuites pour revendiquer le cofTre-fort, à la requête du testateur même, encore vivant. Ces fins renards considérant qu'ils avaient de puissants magistrats pour parties, ils se prosternèrent le ventre contre terre; ils demeurèrent d'accord de le rendre, mais qu'ils ne savaient où il était, qu'ils n'en avaient pas les clefs; si bien qu'après plusieurs subterfuges et équivoques, mensonges et suppositions, ils offrirent la moitié de la dépouille du pénitent et accordèrent aux deux tiers. Et ainsi il n'y a qu'à entreprendre par eux hardiment, car il leur en demeure toujours cuisse ou aile.
« Jl est important que le public sache la surprise que fit un jésuite à une dame vertueuse de la paroisse de Saint- Paul d'Orléans, il n'y a que trois mois. Cette dame assez riche n'avait qu'un enfant qu'elle ne voyait pas parce qu'il n'était point avantageux aux Jésuites. Elle tomba malade, elle fut confessée par un jésuite qui la persuada de ne point pardonner à son fils, de le déshériter et de donner son bien à cette pauvre Société, ce qui fut exécuté aussitôt. Elle demanda le viatique. M. le curé, docteur de Sorbonne, sachant qu'un jésuite avait confessé cette dame sans ordre, le refuse, la visite, lui remontre l'obligation qu'elle avait de voir son fils et de lui pardonner^ et qu'elle n'avait pas même selon les lois humaines des raisons de le déshériter; que la confession était nulle. Cette ouaille égarée revint au bercail, elle écouta la voix de son pasteur et suivit sa direction, qu'elle trouva bien plus assurée pour son salut et bien moins intéressée que celle du jésuite, duquel le procédé déshonnête, inique et mercenaire étant su, scandalisa toute la ville d'Orléans.
« Le testament du libraire Sonnius* leur a bien mieux réussi, puisqu'il leur en est revenu la seigneurie de Gentilly avec plus de trente mille livres d'autre bien. Mais en un ■ mot, y a-t-il quelques personnes de condition dans Paris.] dont ces bons frères aient la conduite à qui ils ne fassent laisser un article dans leurs testaments pour les Jésuites, ^ parce qu'ils meurent de faim et sont fort endettés. Et pour 1