‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 396 sur 510 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

^Ku'il faille traiter doucement ceux qui errent par simplicité, ^ftéanmoins cette douceur ne va pas à ne pas exprimer les ^Brérités et les choses dans leur force ; que les saints Pères ont traité plus fortement les catholiques violents et pasonnés que le commun des hérétiques, ce qui est aussi viable par l'exemple de J.-C, qui a traité plus fortement les harisiens que les Saduccéens ; par celui de saint Etienne ui s'est élevé avec beaucoup de force contre les juifs qui talent ses frères; par celui de saint Paul en parlant aux hrétiens. Cette conduite forte était toute de charité. Enfin ar celui des Pères, et en particulier de saint Jérôme, de aint Bernard et de saint Prosper ; que comme la vraie chaité envers les personnes oblige à écrire avec force contre eurs excès, ces saints Pères n'ont pas cru blesser la chanté en usant de repréhensions fortes mais véritables ; qu'ils § n'ont point craint de passer pour médisants en reprenant ^ avec force des excès publics.

On ajoutait à toutes ces raisons et à tous ces exemples une règle pour discerner si un auteur qui parle avec force est louable ou blâmable. On montrait de plus que l'indifférence que l'on a pour la vérité est la cause que l'on trouve à redire à la force avec laquelle on la défend, comme ont fait les saints Pères, dont le zèle pour la vérité nous devrait porter à en juger autrement. Enfin qu'on ne pouvait condamner sans témérité la conduite des saints Pères, et que les écrivains ecclésiastiques doivent la suivre sans se mettre en peine du jugement que l'on fait d'eux*.

Au mois de mai, M. Dufour Saint-Araille ayant fait imprimer une lettre adressée à Messieurs du Parlement du Dauphiné, le mois suivant on y répondit sous le nom de Théopiste; cela produisit une réplique intitulée : Avis charitable à Théopiste sur le sujet de la réponse quil fait à une lettre de M, Dufour. Cette guerre continuant, on vit d'un côté paraître un Avis sérieux donné à M. Dufour par l'esprit catholique, et de l'autre, un Inventaire des plus considérables extravagances qui sont dans l'avis sérieux, etc. Cette pièce était datée du 24 de juillet. Enfin cette petite parole par-

i. 11 est bon de comparer cette analyse avec le début de la XI* Provinciale. Pascal connaissait bien Topuscule analysé par Hermant*

culière fit encore naître des Réflexions 'particulières d'un esprit curieux contre le libelle diffamatoire de Théopisi contre M. Dufour à Messieurs du Parlement de Grenoble,

Au mois de juin, M. l'évêque de Clermont adressa une lettre an pape ensuite de celle que les évêques lui avaient écrite; et M. Mazure, curé de Saint-Paul, fit imprimer sa harangue funèbre de M. l'archevêque de Paris.

Le 4 de juillet M. Marandé, qui étant incapable de faire un bon livre avait une extrême facilité d'en faire un très grand nombre de méchants, mit en lumière : Les inconvénients d'Etat provenants du Jansénisme avec la réfutation du Mars François par M. Jansénius ^ . Il mit à la fin de ce libelle une Lettre circulaire faussement attribuée aux prêtres de Port Royal, avec un avertissement de sa façon sur la Lettre du ministre de Montpellier, du 9^^ jour de mai. On vit aussi dans le même mois de juillet : La liberté des confessions à la mort en faveur des prêtres habitués, qui était une suite de la contestation des curés contre les Pères de Lingendes et des Déserts.

Dans le mois d'août, les particuliers de l'Université de Reims qui avaient fabriqué la censure irrégulière dont on a parlé ci-dessus voulurent la soutenir par un écrit qu'ils nommèrent: Vindiciœ censurœ Remensis. Mais il fut réfuté promptement par un autre écrit qui 'avait pour titre: Philalethes adversus vindicias censurse Remensis ad viros. academicos remenses.

Dans le mois de septembre parut aussi : Historica Gothescalci prœdestinationis et controversiœ per eum revocatœ dispulatio, cum appendice. Miscellanea ex opusculis nondum editis per P. Ludovicum Cellot, in-fol.

Dans le cours de celte même année 1654 les défenseurs de la doctrine de Molina publièrent quelques autres traités dont on ne sait pas les dates, savoir : Jndiculus locorum Augustini Jansenii in quibus continentur quinque propositiones ; Le triomphe de saint Augustin par le Père du Rose, cor délier \ Acta authentica contra doclrinam Jansenii, Burdigalœ (c'était la Bulle d'Innocent X, les lettres des évêques et le décret du 23 avril); La naissance du jansénisme, qui consistait uniquement dans quelques extraits des lettres de

1* V. ci-dessus, p. 3S4.

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