CHAPITRE XXIII
Ecrits publiés pendaût cette aaaée sur les questioQS du temps.
lutre les écrits que l'on a marqués ci-dessus pour la suite l'histoire^ les Jésuites et ceux qui étaient engagés dans
irs intérêts produisirent plusieurs ouvrages pendant cette
mée.
'Ceux qui dominaient dans l'Université de Poitiers, ou plutôt qui étaient esclaves de la passion de ces Pères, publièrent au mois de janvier un recueil de plusieurs actes qu'ils intitulèrent : Acta et décréta Universitatis Fictaviensi9 super bullam. Le Père Adam, qui n'est jamais revenu jusqu'ici de ses premiers emportements, fit imprimer sous son nom le Tableau du Jansénisme.
vSamuel Des Marets, ministre de Groningue en Hollande, mit au jour un libelle, sous cette inscription : Samuetis Maretsii Apologia novissima pro Augustino, Jansenio. et Jansenitis contra Pontificem et Jesuitas; seu examen theologicum constilutionis nuperse Innocenth X.
Le Père Deschamps mit au jour son livre : De hœresi janseniana.
Les disciples de saint Augustin composèrent au mois de mars deux écrits, savoir : des Mémoires touchant ce qui s'est passé avant et après l'assemblée des évêques tenue d Paris en mars ; et la Justification de M, d'Ypres sur la ^% 3% 4" et 5® propositions. Mais ces pièces ne furent pas mises sous la presse. ,
Il y avait eu des personnes assez délicates pour trouver mauvais qu'on eût effacé par une innocente et ingénieuse raillerie les figures de l'Almauach, et qui n'approuvaient pas le dessein qu'on avait eu en publiant les Enluminures. L'auteur en fit une seconde édition, et il y ajouta une lettre à un de ses amis à qui il s'était confié de son ouvrage, datée du 18 février 1654. Mais la même année, le 20« jour de mars, on intitula un écrit : Réponse à la lettre d'une personne de condition touchant les règles de la conduite des SS. PP. dans la composition de leurs ouvrages pour la défense des vérités combattues ou de l'innocence calomniée.
On y établissait d'abord le respect que l'on doit avoir pour la conduite des saints Pères dans la composition de leurs ouvrages, et que Dieu tirait un bien des contentions qui naissaient dans l'Église, quoique l'on tombât d'accord que la diversité des sentiments qui partageaient les théologiens •catholiques fût un juste sujet de douleur pour toutes les personnes de piété. On faisait voir ensuite de quelle sorte on peut écrire des vérités ecclésiastiques lorsqu'elles sont contestées, et l'on prouvait que les anciens auteurs avaient quelquefois employé utilement la raillerie pour la défense des vérités de la foi; que l'Écriture nous en donnait des exemples, que les saints Pères s'en étaient servis et avaient même jugé qu'il y a des choses auxquelles on donnerait du poids* si on les réfutait sérieusement, ce que l'on montrait par l'exemple de Tertullien en particulier dans son Apologie pour la religion chrétienne.
En appliquant les règles des Pères à l'Almanach, on repré" tentait que selon eux la justice veut que l'on rie de ce qui est digne de risée , qu'il y a de la charité à humilier les présomptueux par de judicieuses railleries, et quel jugement on doit faire d'un écrivain qui se sert quelquefois de railleries comme les saints Pères. Après cela on établissait deux règles pour le juste emploi de [la] raillerie, savoir : qu'elle fût fondée sur la vérité et non sur le mensonge, et que les railleries fussent honnêtes et judicieuses.
On représentait la grandeur des excès de l'Almanach, qui ne pouvaient être nullement dissimulés selon la doctrine des saints Pères. Que selon eux on ne doit point se taire quand on est accusé d'hérésie, que l'on devait repousser l'outrage que cet Almanach avait fait à la mémoire de M. l'évêque d'Ypres ; qu'on a plus de droit de parler avec force lorsque l'on défend les autres, et surtout quand ce sont des catholiques qui ont dit des injures, puisqu'elles sont plus atroces de leurpart que celles que font les hérétiques. Que comme il y a deux sortes d'hérétiques, savoir : les auteurs des sectes et ceux que le malheur de leur naissance engagent dans l'hérésie, ainsi il y a deux sortes de catholiques qui combattent la vérité: les uns par un simple défaut de lumière et de connaissance et par un zèle indis-
1. Ms. : On ne doimerail pas de poids, la correction était nécessaire.