‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 407 sur 510 · LIVRE XlII · texte numérisé non relu

LIVRE XlII

ces paroles étaient purement expositives et énonciatives. 2° Qu'elles avaient leur rapport total à la constitution, et par conséquent qu'elles n'y ajoutaient rien. 3» Ce qui faisait tout, c'est qu'elles n'avaient leur rapport qu'à l'exposé de la constitution, lequel n'était point déclaré dans ce bref, mais seulement supposé être véritable, savoir : que les opinions exprimées par les cinq propositions étaient de Jansénius. Or le pape devait toujours supposer que les exposés qui lui étaient faits fussent véritables jusqu'à ce qu'on lui eût fait paraître le contraire, et par conséquent, dans cette supposition il avait dû dire ces paroles : doctrinam Jansenii in quinque propositionibus damnatam, qui n'était autre chose que Inter alias ejus opiniones, de sorte que quand on montrerait la fausseté de l'exposé au pape, ce dernier bref ne laisserait pas d'être toujours véritable parce qu'il était fondé sur un exposé qu'on supposait véritable; qu'il était encore à remarquer que le pape, à dessein et de propos délibéré, passait sous silence la réponse qui était essentielle dans la lettre des évêques. C'est qu'ils avaient déjà écrit de la même manière en leur lettre de 1655, et cependant ils n'avaient jamais reçu de réponse conforme,

4° Que le pape ne faisait mention en sa lettre d'aucun mot d'hérésie ni de personnes, quelque autorité qu'il en eût, en quoi il enseignait la modération aux évêques.

5° Que cette expression' : omnibus pastoralis officii administris injunximus témoignait le peu d'estime que le pape faisait des évêques, qu'il ne tenait que pour ses ministres et pour ses valets; qu'en effet il leur parlait par injonction comme un maître à son serviteur ou un seigneur à ses vassaux; qu'il ne louait en tout son bref que leur obéissance, et qu'il semblait que tout le fruit de la constitution aboutît à rendre les évêques plus obéissants : ut qua par est obedientia^ etc. ; ce qui montrait qu'il avait plutôt en vue l'établissement de sa puissance que celui de la religion.

6° Que ce bref portait confirmation du décret de l'Inquisition, et déclarait bien plus que c'était une suite nécessaire de la constitution, de sorte qu'on ne pouvait la recevoir sans recevoir en même temps le décret de l'Inquisition, ce

Page 1