‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 416 sur 510 · Livre xiii · texte numérisé non relu

Livre xiii

nommé Picoté*, à qui il s'adressait depuis quelque temps pour la confession de ses péchés. S'étant jeté à ses pieds pour cet effet vers ce temps-ci, et lui ayant fait une humble déclaration de ses fautes, cet ecclésiastique, qui jusqu'à ce temps-là avait agi avec quelque sorte de modération apparente, changea de conduite* et lui demanda s'il était soumis à la bulle. Sur quoi ce seigneur lui répondit qu'il lui était soumis de tout son cœur et qu'il était en lieu où il pouvait bien le croire. Ensuite M. Picoté s'étant enquis de lui s'il était soumis au dernier décret de Sa Sainteté, il lui fit encore la même réponse. M. Picoté passa plus avant et lui dit que ce n'était pas assez, qu'il fallait encore faire abjuration publique, et qu'il renonçât à ces gens-là, sans les nommer et sans dire ceux de qui il entendait parler; à quoi ce duc répondit qu'ayant toujours été soumis à l'Église, il ne fallait pas qu'il fit d'abjuration publique ; mais que lorsqu'il verrait quelques personnes qui lui parleraient de ces matières, il pourrait bien leur dire qu'il n'était point janséniste, qu'il ne s'intéressait point pour Jansénius, et qu'ainsi ce serait témérité à lui de le défendre. Ce confesseur lui répliqua que c'était déjà beaucoup, mais que ce n'était pas encore assez, et qu'il fallait qu'il promit qu'à l'avenir il n'irait plus à Port- Royal. M. de Liancourt, qui toute sa vie avait fait profession de sincérité et d'honneur, lui repartit que ce serait le tromper s'il lui faisait cette promesse, parce quil n'avait jamais vu que du bien dans les personnes dont il voulait qu'il se séparât; mais qu'il lui promettait bien que s'il y reconnaissait du mal, ou qu'il vît qu'ils se séparassent de PÉglise, il les abandonnerait entièrement. Et M. Picoté lui ayant déclaré qu'il ne pouvait donc pas lui donner Tabsolution et qu'il en avait trop de scrupule, il lui répondit qu'il ne voulait pas lui faire de peine en extorquant de lui une absolution contre son inclination et son sentiment; qu'il accepterait cet état d'humiliation et de pénitence, et reconnaissait qu'il avait bien mérité d'être suspendu par la considération de ses crimes passés. Ce confesseur, ne se trouvant point assez habile pour lever cette difticulté qu'il avait fait naître luimême, se contenta de lui dire qu'il en conférerait, et depuis

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