Charles Picoté, ordoané prêtre eii 1626, mort eu
2. « Tout ceci est le propre rt^.cit de M. de Liaucourt, écrit de sa Luaiu ». Noie da ms.
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ce temps-là il lui déclara qu'après en avoir pris conseil il ne trouvait pas qu'il pût en conscience lui donner l'absolution.
Cette nouvelle s'étant répandue àlacour et dans le monde, chacun en jugea selon son esprit et selon son cœur; et ceux qui étaient peu éclairés sur la matière des censures ecclésiastiques, et qui d'ailleurs étaient prévenus parles Jésuites et par ceux de leur parti, regardaient M. de Liancourt, comme un hérétique et un excommunié. M"»« de Liancourt, son épouse, en ayant appris la nouvelle et prenant tous les soins qu'une femme aussi sage et aussi chrétienne qu'elle était pouvait prendre pour la conscience, l'honneur et la réputation de son mari, s'adressa à M. le duc de Verneuil, qui était alors évêque titulaire de Metz et son supérieur en qualité d'abbé de Saint-Germain-des-Prés, et en porta aussi ses plaintes à M. Ollier, son curé. M. de Metz, improuvant la conduite de ce prêtre qui avait refusé l'absolution à M. de Liancourt, permit à ce duc de se confesser ailleurs en se contentant de communier à sa paroisse. Mais dans l'entretien que Mme (le Liancourt eut avec M. Ollier, son curé, elle voulut savoir de lui adroitement s'il irait jusqu'à refuser la communion à M. de Liancourt et à le passer quand il le verrait à sa sainte table, au cas qu'il se présentât dans sa paroisse pour y recevoir ce pain adorable. Et quoiqu'elle vît un homme embarrassé qui ne s'expliquait pas nettement sur cette question, néanmoins il lui en dit assez pour lui faire entendre qu'il la lui refuserait, et à elle aussi,jusqu'à ce qu'ils eussent retiré de Port- Royal M^^^ de la Koche-Guyon ', leur petite-fdle, qui depuis est morte M»** la Princesse de Marcillac.
Ce n'était pas à Saint-Sulpice seulement que l'on avait pris la résolution de refuser les sacrements à ceux qui auraient de l'estime et de Taflection pour les disciples de saint Augustin ; il y avait encore dans Paris quelques curés, aussi zélés que celui de Saint-Sulpice, qui en eussent usé de même
1. M'ie de la Koche-Guyon, fille uuique du fils de M. et M^e de Liaucourt, uyaut perdu son père très jeune, fut élevée par ses ^randsparenls et mise par eux au monastère de Port-Royal. Mazarin la demanda eu mariage pour son neveu Philippe Julien Manciui ; mais elle était promise au prince de Marcillac qu'elle épousa. Elle mourut à l'ài^e de 24 aus.
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si cette première tentative eût réussi. Mais elle était trop injuste et trop violente pour trouver un grand nombre d'approbateurs dans le monde. La reine même, quelque prévenue qu'elle fût contre les personnes que M. de Liancourt honorait de son amitié, blâma ce procédé comme un commencement de schisme et l'ouverture d'une nouvelle Inqui sition. Car si M. de Liancourt, se laissant effrayer par son confesseur, eût voulu souscrire à la rétractation qu'on lui demandait injustement, MM. de Sainl-Sulpice l'auraient diessée comme un nouveau formulaire que l'on aurait fait signer par d'autres laïques; et après des exemples si illustres, ceux qui auraient voulu s'en défendre auraient été traités comme des rebelles à l'Eglise pour n'avoir 'pas satisfait au zèle schismatique de ces prêtres entreprenants qui voulaient faire en cela plus que les évêques et le pape même n'avaient ordonné.
Comme cette affaire était tout l'entretien de Paris et de toute la cour, une personne de qualité s'adressa à M. Arnauld dans sa retraite pour lui demander quel jugement il portait de la conduite du prêtre et du curé qui avaient refusé les sacrements à un seigneur d'une piété exemplaire, non pour aucun péché dont il s'accusât, mais à cause seulement qu'il était lié d'une ancienne et étroite amitié avec des personnes pieuses et très catholiques dont il plaisait à ces ecclésiastiques de juger la foi suspecte et la conversation dangereuse, et qu'il tenait avec lui depuis plusieurs années un abbé célèbre dont la suffisance et la vertu étaient connues de tout le monde; et qu'il faisait élever sa fille unique dans un monastère très réformé où l'on avait un très grand soin de lui inspirer dès ses plus tendres années la crainte de Dieu et les vertus chrétiennes.
M. Arnauld s'en expliqua par un écrit daté du 24 février qu'il intitula : Lettre d'un docteur de Sorbonne à une personne de condition^.
1. La lettre d'Araauld, citée par llerdiaiit au style indirect est daDs lea œuvres complète», édit. de Lausauue, t. XIX. L'origiual a 19 p. iii-4o.
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CHAPJTllE VII
M. Van Werm, docteur de Louvaiu, persécuté pour une thèse. Caramuel censuré par M. rarchevêque de Malines.
Dans le mois de mars de cette année, M. Taignier, docteur [en] théologie, reçut de Flandre des lettres qui lui apprenaient ce qui s'y passait contre le sieur Gérard Van Werm, docteur de Louvain, natif de Maëstrich, sur le sujet de quelques thèses soutenues le 29 d'août de l'année précédente, touchant la mjatière de la grâce, par Henry de Haling, liégeois. Les Jésuites, qui dominaient dans l'Université de Louvain où ils avaient tait mettre un professeur de leur parti, savoir :...., après la mort de M. Fromond, ne pouvaient souffrir que l'on y soutînt encore la doctrine de saint Augustin, qu'ils prétendaient toujours avoir été condamnée par la constitution d'Innocent X; et comme ils gouvernaient absolument M. linternonce, ils lui inspirèrent de demander à ce docteur un éclaircissement sur quelques propositions de la thèse à laquelle il avait présidé, et prétendaient lui faire un crime d'avoir soutenu la grâce efficace^ qu'il disait consister dans une certaine douceur spirituelle qui se tenait de la part de la volonté, par laquelle la volonté était prévenue et fléchie pour faire et vouloir tout ce que Dieu aurait ordonné qu'elle voudrait et ferait ^ C'est ce qu'ils trouvaient à redire dans la première conclusion.
Ils blâmaient presque toute la seconde par laquelle on soutenait : Que parce que notre nature naît présentement dépouillée des dons gratuits par le péché originel et qu'elle est fort blessé^ et affaiblie dans ses avantages naturels, c'est pour cela qu'elle ne fera aucune action utile pour le salut sans le secours de quelque grâce, mais même sans une grâce qui soit efficace d'elle-même et qui ait entièrement en elle-même la force de pouvoir; mais qu'elle péchera toujours autant de fois qu'elle agira librement sans le se-
1. On lit ici au ms. et plusieurs fois dans ce même chapitre, quelques ligues du latin de la thèse ; elles soot d'une lecture difficile et n'auraient d'intérêt que pour les théologiens renforcés ; les copies les suppriment, et avec raison.