LIVRE xiri
lira du séminaire, et avoua qu'il n'y était entré que pour le détruire, perdre de réputation ceux qui le conduisaient et s'établir sur leur ruine, ce qui était l'entreprise du monde la plus téméraire et la plus extravagante pour un jeune homme qui n'avait ni lettres, ni degré, ni caractère qui le distinguîH du commun. Mais il ne laissa pas de conserver au fond de son cœur un désir opiniâtre de se venger de cet évêque et de tous ceux qui étaient dans ses intérêts, et de ne perdre nulle occasion pendant plus de dix' ans de donner des marques publiques de sa haine contre lui, à l'exception de quelques légers intervalles, jusqu'à ce que ses emportements l'ayant engagé dans plusieurs procès criminels, le chapitre se sentit lui-même obligé à lui faire porter la peine de ses extrêmes insolences contre ce sage prélat, et le réduisit à chercher sa sûreté dans une permutation forcée.
Il fut plus aisé à M. Hermant de se consoler du peu de civilité de ses confrères qu'à M. Amyot de digérer l'amertume qui lui fut inévitable en ce temps par l'aversion que la plupart de MM. les curés de Paris témoignèrent avoir de sa personne et de sa manière d'agir. M. du Saussay, officiai de Paris, tenant son synode le sixième jour d'avril, où se trouvèrent tous les curés de la ville et de la banlieue, M. Amyot s'était imaginé avoir droit d'y assister et d'y tenir son rang comme les autres. Mais M. Housse, curé de Saint- Roch, ayant remontré à la compagnie que ce docteur de Sorbonne n'était point du corps des curés qui dépendent de M. l'archevêque de Paris, il fit d'inutiles résistances pour y demeurer, et M. l'official e,t tous ceux qui composaient cette assemblée l'obligèrent de s'en retirer, malgré qu'il en eût.
11 partagea cette mortification avec M. Roullé, curé de Saint-Barthélémy. Comme il y avait longtemps que M. Rousse faisnit la fonction de syndic dans sa compagnie, il fit de grandes instances pour être déchargé d'une fonction si pénible. MM. ses confrères tâchèrent de le détourner de ce dessein par la considération de la nécessité qu'ils avaient d'un homme de sa force et de son mérite pour s'acquitter dignement de celte charge, principalement dans l'état déplorable où étaient les choses. M. RouUé, qui était l'autre syndic, ne put se dispenser de remercier la compagnie aussi