‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 448 sur 510 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

Quelques-uns crurent que le pallium* qui lui avait été donné était une grande marque de la protection du Saint- Siège, et qu'il couvrirait M. le cardinal de Retz de l'indignation de la cour. Ils fondaient leur jugement sur l'éclat de ce nouveau pontificat, duquel on attendait des choses extraordinaires. Mais ceux qui connaissaient l'esprit de la cour de Rome et le poids que les couronnes y donnent ordinairement pour la décision des affaires de grande importance ne croyaient pas qu'Alexandre VII dût faire de plus grands efforts pour cet archevêque persécuté qu'Alexandre 111 n'en avait fait pour saint Thomas de Cantorbéry. La cour de France était plus aigrie que jamais contre ce cardinal disgracié, dont le nom seul était plus capable de faire trembler le cardinal Mazarin que des armées tout entières. Bien loin d'avoir rappelé les grands-vicaires exilés , la commission dont il honorait ses deux archiprêtres n'était capable que de les engager dans la persécution que souffraient les autres, et l'adresse qu'il leur faisait de la bulle du jubilé accordé à tous les fidèles parle pape au commencement de son pontificat n'était capable que de les rendre odieux à ceux qui jouissaient paisiblement de l'autorité et des douceurs du ministère.

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