‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 461 sur 510 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

trine et de piété, avait engagé dans leur parti plusieurs seigneurs et entre autres le duc de Saxe, le plus pieux de tous les princes allemands; que pour surprendre davantage le peuple on voyait les plus recommandables de ceux de leur secte, sous un faux prétexte d'humilité, exercer les métiers les plus vils ; qu'ainsi Carlostad * avait entrepris l'exercice d'un boulanger, et qu'un autre autant considérable que lui chez les Luthériens s'était ravalé jusqu'à la conduite d'une charrue.

Il conclut ce second point en disant qu'il ne fallait pas croire ceux qui disaient que J.-G. n'était mort que pour les seuls prédestinés, quoiqu'ils ne menassent point une vie scandaleuse, qu'il fallait plutôt consulter les oracles sacrés d'Innocent X, qui avait foudroyé ces gens-là; qu'il fallait avoir recours à tous les ordres religieux que ces malheureux novateurs déchiraient parce qu'ils savaient bien que tous les moines et les religieux étaient extrêmement soumis au Saint-Siège; qu'en effet c'avait été toujours la marque et le caractère de l'hérésie que d'atfaquer les personnes saintes des religieux ; qu'en un mot on ne devait point écouter quelques particuliers qui, méprisant les écrits des autres saints Pères de l'Église, feignaient d'écouter saint Augustin et ne voulaient croire qu'à lui seul, croyant qu'ils étaient les seuls qui eussent l'intelligence de sa doctrine ; qu'en cela même ils étaient les imitateurs de Calvin qui disait : Augustinus lotus meus est ; qu'ils tenaient le le même langage et accusaient les autres d'ignorance ; et qu'enfin on ne pouvait les couvrir d'une plus grande confusion, ni donner aux catholiques plus d'horreur de cette mauvaise doctrine, qu'en racontant ce qui s'était passé depuis peu de jours, savoir que comme on avait présenté un crucifix à un homme qui était à l'agonie, ce misérable, au lieu de se confier en la miséricorde de son Sauveur, cracha sur la croix, et dit avec un mépris insupportable qu'il ne savait pas si J.-G. était mort pour lui. Qu'on devait apprendre par cette histoire funeste combien la doctrine du

1. André BodensteiQ Carlostad, chanoine de Witteoiberg, suivit les traces de Luther, et alla encore plus loin que lui. Il devint le chef des Sacrameutaires et fut le premier prêtre qui se maria publiquement. Il mourut à Bàle en lu4i.

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temps était dangereuse, puisqu'elle jetait le monde dans le désespoir.

Voilà comme Ton autorisait par des fables les plus atroces injures et les plus sanglantes invectives contre des personnes très innocentes et très soumises au Saint-Siège, que les Jésuites faisaient déchirer par leurs émissaires dans tous les endroits du monde. On s'emportait à ces excès par l'assurance tout entière que Ion avait qu'ils demeureraient impunis, et on ne faisait nulle conscience d'empoisonner les oreilles et les âmes des religieuses consacrées à J.-C. par des déclamations scandaleuses et contraires à toutes les règles de la sincérité chrétienne, de la charité et de la justice.

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