‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 465 sur 510 · LIVRE XTII · texte numérisé non relu

LIVRE XTII

Durant cette lecture, M. de Meaux déclara Tordre qu'il voulait être tenu dans la réception et l'exécution de son mandement daté du 2 de décembre 1655, savoir que dès que la vocation^ serait commencée, chacun se retirerait dans tels et tels endroits qu'il marquait où les tables, les écritoires et les plumes étaient préparées pour faire trentesix signatures en un moment, n'étant pas besoin d'y observer aucun ordre ni de vocation ni d'antiquité, que ceux de la ville se retireraient à part pour cet effet dans une chambre avec les curés dEstrépilly, de Germigny et de Villenoy; et les curés de la campagne dans la galerie.

La lecture du bref et du mandement ne fut pas plutôt achevée qu'en même temps on commença la vocation, on distribua les formules du serment, on les envoya signer durant la vocation même, et quand elle fut achevée, on fit la prière et chacun se retira. Il y avait ordre de tenir les portes fermées jusqu'à ce que chacun eût signé, et il fut observé si rigoureusement qu'un curé étant pressé de ses nécessités naturelles fut contraint de laisser un gage pour assurance de son retour. M. Le Moine avec ses émissaires courait partout comme un mestre de camp ou On chef d'armée. On avait un mémoire de tous ceux que l'on soupçonnait être disciples de saint Augustin, et on leur donnait des gardes pour surveiller ce qu'ils disaient et faisaient, et il avait été résolu qu'on ne souffrirait aucune restriction.

On alla ensuite faire exécuter ce mandement dans toutes les communautés, même dans les religions de filles, et nommément dans les maisons de l'ordre de Fontevrault, parce que les .Jésuites l'avaient ainsi désiré. M. Le Moine en aurait fait autant dans toutes les églises de France s'il eût eu autant de crédit ailleurs que dans le diocèse de Meaux, et si M. le chancelier eût eu des frères dans tous les autres diocèses- Mais il se consola de ses disgrâces par la pensée d'avoir donné l'exemple et le modèle dont on pourrait se servir à l'avenir pour opprimer la liberté des ecclésiastiques, et les gens de bien ne lui envièrent pas cette malheureuse satisfaction.

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