‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 471 sur 510 · CHAPITRE XXIIli · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIIli

Le mois d'octobre n'apporta point d'autre changement à l'église de Paris que d'en augmenter le trouble. Toute la nuit du dimanche 10, sur la présomption que l'on avait eue que M. Chassebras, curé de la Madeleine, avait fait une seconde monition et cherchait les moyens de la faire placarder, on mit des archers en embuscade dans le parvis de l'église de Notre-Dame pour en empêcher l'exécution par voie de fait.

Ce jour-là même M. l'archevêque de Sens, qui avait toujours des prétentions sur l'évêché de Paris depuis qu'il avait été détaché de sa métropole , crut devoir maintenir

1. Pas de titre au ms. Ou pourrait proposer le suivant : M. l'archevêque de Sens fait rindictiou d'une assemblée provinciale. État des affaires dans le diocèse de Paris.

son droit par un mandement touchant la convocation de l'assemblée provinciale. L'on a su d'un de ses confidents, qui l'avait appris de lui-même, qu'il agissait en cela de concert avec M. le cardinal Mazarin, ayant eu avec lui une conférence secrète dans laquelle ce premier ministre lui avait parlé du- pape avec un très grand mépris. Voici ce que contenait ce mandement :

« L'état présent dans lequel se trouve l'église de Paris nous ôtant le moyen de convoquer à notre assemblée provinciale le seigneur évéque du lieu et les autres députés du diocèse en la forme ordinaire ; nous avons cru ne pouvoir rendre publique la convocation de notre dite assemblée que par ce mandement, que nous avons voulu à cet efïel faire afficher aux portes tant de l'église cathédrale que de la maison épiscopale et autres lieux qu'il conviendra. Et afin que personne n'en prétende cause d'ignorance, nous déclarons que nous avons résolu de tenir notre dite assemblée provinciale le 20 du présent mois d'octobre en notre palais archiépiscopal, en la dite ville de Paris * ; lequel jour nous avons fait savoir par lettres expresses et en la forme accoutumée aux seigneurs évêques de Chartres, Auxerre, Meaux, Orléans, Nevers et Troyes, suffragants de notre province, lesquels nous espérons y devoir assister comme ilssont obligés, attendant aussi la même soumission de l'église de Paris, protestant de nullité contre toute autre assemblée qui pourrait être faite, comme illégitime, et de faire réparer le tout comme attentat à notre autorité métropolitaine. Donné à Sens, en notre palais archiépiscopal, le 10« jour d'octobre 1655. Signé Louis Henri de Gondrin archevêque de Sens. »

Et plus bas : Par commandement de Monseigneur, Daignan. Ce mandement fut suivi de deux lettres de ce prélat, l'une écrite à M. le cardinal de Retz, et l'autre adressée aux doyen et chanoines de l'église de Paris. M. de Contes, doyen de la même église, fut celui qui les reçut toutes deux.

Le chapitre de Paris fut d'autant plus alarmé de l'indiction de cette assemblée que M. de Meaux en avait fait une semblable ; et s'étant assemblé le lundi 11, sur ces deux

1. Sic. li s'agissait doue d'une réunion tenue à l^aris, à l'hôtel de Sens, qui subsiste encore aujourd'hui non loin de l'Hôtel de Ville.

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