‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 484 sur 510 · LIVRE xru · texte numérisé non relu

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complissement en soi juste et raisonnable, nous vous ordonnons au nom et de la part de Sa Majesté qu'au cas que le dit évêque d'Ypres pour exécuter le dit ordre, ait besoin de la dite assistance ou main forte, vous ayez [à] la lui donner en la manière qu'il requerra de vous et selon l'exigence du fait. A tant, cher et amé, Notre Seigneur vous ait en sa sainte garde. »

Cet évêque d'Ypres si indifférent à l'honneur de son caractère et si fidèle exécuteur de la passion des Jésuites se nommait François de Robles*, de la maison des comtes d'Annap. 11 choisit le temps de l'avent de cette année 1655 pour cette exécution qui le déshonorait lui-même et flétrissait l'honneur de son caractère. Il le fit sans en donner avis à son chapitre, parce que la plupart des chanoines étaient trop aff'ectionnés à la mémoire de son illustre prédécesseur pour souff"rir sans résistance un procédé si inouï. Lorsqu'ils apprirent que cette tombe avait été enlevée, ils députèrent deux d'entre eux pour savoir de lui s'il était vrai qu'il eût fait arracher cette tombe, quel sujet il avait eu d'agir ainsi, et si on avait touche aux os, et si son intention n'était pas de rétablir cette épitaphe. Sur le premier de ces deux chefs, il avoua qu'il avait fait arracher la tombe pour satisfaire aux ordres du pape et du roi, et sur le second qu'il avait expressément défendu de remuer la terre, et qu'il en écrirait à Sa Sainteté.

Le chapitre fit quelques faibles efforts pour le rétablissement de cette tombe qui avait été enlevée du milieu du chœur de la cathédrale et qui demeura encore quelque temps dans la chapelle domestique de cet évêque dévoué à tous les effets de la vengeance des Jésuites; mais ils arrêtèrent tout le monde par leurs menaces ; et le doyen même, qui était exécuteur du testament de feu M. Jansénius, évêque d'Ypres, demeura immobile comme les autres dans la crainte qu'il eut que ces Pères si indignes de la douceur du nom de Jésus qu'ils se sont attribué ne lui fissent perdre son bénéfice et sa dignité de doyen.

Voilà la manière dont cette histoire se passa véritable-

1. François de Robles (1596-1659), chanoine de Cambrai, puis chancelier de Saint-lMerre de Lotivain, fut élevé sur le siège épiscopal d'Ypres en 1654.

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ment, la relation qui fut imprimée sur ce sujet quelques mois après chez Cramoisy étant pleine de faussetés et de mensonges, et démentie par les lettres de Flandre que M. Taignier^ docteur, recevait de temps en temps'.

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