‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 50 sur 510 · Ms. et copie : donner · texte numérisé non relu

Ms. et copie : donner

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pussent dire pour leur faire croire le contraire^ ils persistaient toujours à dire qu'il suffisait que les disciples de saint Augustin déclarassent en termes formels, comme ils faisaient dans cet écrit, qu'ils ne soutenaient que la doctrine de saint Augustin^, laquelle ils rapportaient sur chaque proposition; et qu'on ne devait point exiger davantage jusqu'à ce que le sens qu'ils avaient rapporté pour la doctrine de saint Augustin eût été condamné, et qu'on eût déclaré qu'ils avaient attribué un faux sens à saint Augustin. M. Vincent même, quelqu'engagement qu'il eût avec les Jésuites, entra d'abord dans ce sentiment et y demeura j usqu'à ce que, par de nouvelles calomnies, on lui eût persuadé que les disciples de saint Augustin n'avaient publié cet écrit que pour se mettre à couvert de la censure et n'y pas déférer.

D'autres déclaraient ingénuement au P. Annat que tant que les disciples de saint Augustin demeureraient aux termes où ils s'étaient retranchés par cet écrit, il était impossible qu'on pût tirer aucun avantage contre eux sans faire une injustice manifeste. 11 y eut même des Jésuites qui, quoique très attachés à la doctrine de Molina, étaient de ce sentiment et n'en ont jamais changé, quelque mine qu'ils fissent du contraire, comme entre les autres le P. Jacques Sirmond, si célèbre dans sa compagnie. Quoique la nécessité les forçât de parler le langage de leurs confrères pour éviter les maux qui leur en pouvaient arriver, ils ne laissaient pas néanmoins de s'en expliquer avec quelques-uns de leurs amis en des termes qui condamnaient le procédé du P. Annat; et M. Taignier, qui en savait les particularités, n'a épargné leurs noms que pour ne les point exposer à la persécution. 11 s'est contenté de laisser dans ses mémoires qu'il y en avait dans la compagnie qui savaient très bien la vérité de ce fait, et que quelques-uns d'entre eux avaient déclaré plusieurs fois à leurs amis en secret que la robe qu'ils portaient leur avait ôté la liberté et les empêchait de reprendre beaucoup de choses dans la Société, particulièrement sur cet acharnement qu'elle avait contre les disciples de saint Augustin; mais qu'ils étaient contraints de garder un profond silence pour ne pas troubler leur repos dans les dernières années de leur vie.

Enfin les moins passionnés de ceux du parti de Molina estimaient qu'on ne pouvait pas condamner les opinions

des disciples de saint Augustin, parce qu'ils avaient la tradition pour eux, l'Église et les papes ayant approuvé la doctrine de ce grand saint depuis qu'il l'avait enseignée jusqu'au temps que M. Cornet avait exposé les cinq propositions à l'examen de la Faculté de théologie, et ils disaient que les disciples de Saint-Augustin avaient été bien conseillés de distinguer ainsi les divers sens des propositions, et de déclarer celui selon lequel seul ils les soutenaient, parce qu'ils avaient par ce moyen désarmé leurs ennemis, qui ne pouvaient plus se servir contre eux, au moins devant les personnes équitables, de la bulle qui devait venir pour les décrier comme des gens que le Saint-Siège avaient condamnés.

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