‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 53 sur 510 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

donaer les ordres aux derniers Quatre-Temps; qu'un Jésuite avait eu la hardiesse d'aller auprès de M. de Malines pour lui persuader de se tenir pour interdit; mais que ce bon archevêque qui était tout de miel n'avait pas laissé de lui faire sentir son aiguillon, étant un autre saint Ambroise quand il parlait avec zèle; qu'il était courageux et ne s'affligeait point; que ses adversaires voulaient travailler pour accommoder cette affaire à l'amiable et employer le duc de Lorraine; que Tinternonce, qui était sorti avant que l'on attachât cette sentence à la porte de l'église, était en peine et eût bien voulu être dans Bruxelles, mais il n'osait; qu'on ne savait pas encore ce qui arriverait; que les plus sages appréhendaient même pour l'Etat, qui s'offensait de ce que le principal de leurs privilèges était attaqué.

Par la deuxième lettre de ce prêtre de l'Oratoire, datée du 21 du même mois, après avoir témoigné à ce docteur le grand désir que les plus sages et les plus zélés des Pays- Bas avaient touchant la traduction de deux écrits qui concernaient les libertés et les privilèges de leurs églises* dont le premier était intitulé : Jus Belgarum circa builarum pontificiarum receptionem, et le second : Defensio Belgarum contra evocationes et peregrina judicia, il lui mandait que les députés pour l'Université de Louvain qui étaient allés en Espagne avaient écrit de Bayonne le 21 du mois de mai et retournaient au pays : qu'il l'avait assuré que l'on enverrait à Rome M. Sinnich qui avait déjà fait le voyage pour le même sujet; que leur seul archevêque soutenait tout, mais qu'il ne pouvait faire toutes choses; que les grandes aumônes qu'il faisait l'avaient du tout épuisé; qu'on lui donnait tant d'afl'aires à l'âge où il était qu'il ne pouvait subsister sans miracle.

Il était visible que toute cette persécution ne se faisait que pour préparer les voies à la nouvelle bulle dans la Flandre, afin que ces deux prélats, qui étaient les plus puissants et les plus considérables de tous les évêques de ce pays là, étant humdiés et abattus, les autres qui se conformaient à leur exemple ne fissent nulle difficulté de la recevoir. Les Jésuites savaient très bien que Tune des plus grandes peines que le pape avait eues dans l'affaire des

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