Palafox mourut évoque d'Osma
jamais dans les maux qu'on lui faisait ; mais n'ayant que de la douceur et de la tendresse pour ses plus grands persécuteurs ; que sa piété paraissait dans tous les livres qu'il avait composés, et particulièrement dans les remarques qu'il avait faites sur les lettres de sainte Thérèse, et dans une lettre pastorale où il parlait divinement de la grâce ; que cette lettre n'était qu'une paraphrase de la prière qu'on avait publiée en France depuis quelques années pour demander à Dieu la grâce d'une parfaite conversion; qu'elle avait été imprimée à Madrid avec la permission des supérieurs, sous l'approbation des plus sévères et des plus savants théologiens de toute l'Espagne, et que tout le monde y courait pour en acheter des exemplaires,, tant on la trouvait remplie de cette onction qui vient de la plénitude de l'Esprit Saint ; qu'ils étaient surpris qu'il y eût des gens en France qui y trouvassent à redire, et comme ils en avaient apporté avec eux quelques exemplaires, ce livre n'ayant été imprimé à Madrid que peu de temps auparavant qu'ils fussent partis d'Espagne, ils leur en laissèrent quelques-uns pour leur servir de mémoire.
Enfin ils leur dirent qu'on était fort peu instruit en Espagne sur les contestations présentes, qu'il y en avait très peu qui sussent que l'on eût jamais fabriqué cinq propositions qui eussent excité tant d'évéques à envoyer à Rome pour en demander au pape le jugement; qu'ils y étaient tous dans un grand calme et dans un profond repos; qu'il y avait assez de docteurs et d'hommes savants instruits dans la doctrine de saint Augustin qui ne pouvaient goûter la doctrine de Molina, et qui se déclareraient en faveur de celle de la grâce efficace, si les contestations passaient jusqu'à eux, parce qu'ils ne craignaient nullement ni les Jésuites ni tout leur crédit.