‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 82 sur 510 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Ce qui se passa dans l'assemblée des évêques tenue le 18 juillet.

Le succès de l'assemblée du vendredi 11 juillet enfla le cœur aux Jésuites et leur fit penser à le pousser plus loin et à ôter aux disciples de saint Augustin l'avantage qu'ils pouvaient prétendre du silence qu'on y avait gardé à leur égard. Ils appréhendèrent que ces théologiens, demeurant aux termes de la constitution et condamnant les cinq propositions comme ils avaient fait à Rome devant le pape et dans l'écrit de la distinction des sens qu'ils mettaient entre les mains de tout le monde, ne se missent à couvert de la censure des cinq propositions. C'est pourquoi ils crurent que pour leur faire perdre cet avantage il était nécessaire de les faire entrer en cause, et lever le masque contre M. l'évêque d'Ypres. Car quoique ces Pères eussent déjà soutenu en plusieurs endroits que les cinq propositions étaient de cet auteur, néanmoins, comme ils ne pouvaient le vérifier*, et que les disciples de saint Augustin leur faisaient voir le contraire et leur remettaient sans cesse devant les yeux l'entreprise de M. Cornet du 1^^ jour de juillet 1649, ils n'avaient point encore d'acte pour appuyer cette fausse supposition et cette imposture. Et la bulle toute seule n'étant pas suffisante pour produire cet efi'et, ils se résolurent d'employer tout leur crédit, et tout le secours de leurs amis dans le peu de temps qui leur restait depuis l'assemblée du vendredi jusqu'à celle du 18, pour tâcher de faire couler dans la lettre au pape quelques paroles où les évêques se décla-

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