C'est-à-dire le rendre vrai, le démontrer
reraient ouvertement contre les disciples de saint Augustin en leur attribuant les erreurs condamnées. Car ils savaient bien que si une fois ils s'étaient déclarés contre eux ce serait assez pour les engager à maintenir leur déclaration, et à les porter dans la suite du temps à en écrire au pape, pour lui demander la confirmation de ce fait qu'ils avançaient sans fondement.
Il ne leur fut pas difficile d'obtenir de M. de Marca une chose qui leur paraissait si avantageuse et à laquelle il était assez porté de lui-même, n'ayant différé jusqu'alors d'opiner contre Jansénius qu'afin de mieux couvrir son jeu et de se réserver pour la lettre au pape dont il espérait être chargé par M. le cardinal Mazarin. Les autres évêques qui étaient liés d'intérêts avec eux*leur promirent d'y faire tout leur possible et d'appuyer ce que M. de Marca aurait fait couler dans cette lettre. M. l'évêque de Senlis, qui était tout à eux, se chargea de marcher sur les pas de M. de Toulouse et de soutenir que cette période était absolument nécessaire, quoique l'assemblée eût déclaré le contraire en ordonnant que celui qui serait commis pour dresser la lettre au pape n'entrerait point en matière.
Il s'y devait trouver peu d'évêques, et la plupart étaient indifférents aux contestations présentes. C'est ce qui les fît passer par dessus ces considérations d'équité et de justice qui pouvaient contribuer au bien de la paix, et ce qui donna lieu à ceux qui étaient les plus attachés aux intérêts des Jésuites de se joindre à M. de Senlis pour faire passer cette période. Et quoiqu'ils ne fussent pas du nombre des commissaires, néanmoins, comme il est permis à tous les évêques de se trouver à toutes les assemblées qui se tiennent suivant les règles du clergé, ils ne laissèrent pas de se joindre aux autres, afin que par le nombre de leurs suffrages ils emportassent les deux autres qui étaient pour la doctrine de saint Augustin, en cas que les indifférents se joignissent à eux ainsi qu'ils appréhendaient.
Cependant le bruit se répandit que les évêques qui étaient amis des Jésuites avaient pris la résolution de faire retomber le résultat de la dernière assemblée sur le livre de M. l'évêque d'Ypres et sur les disciples de saint Augustin. M. le cardinal Mazarin entra de lui-même dans cette résolution, voyant que c'était le moyen le plus propre pour donner