‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 117 sur 440 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Cabale de quelques chanoines de Paris contre le mandement.

Au commencement du mois d'août, M, de Toulouse et le Père Annat étant venus de Fontainebleau à Paris, dès qu'ils furent arrivés, on vit que les Jésuites, M. Séguier, théologal, M. de Ventadour, M. de Bournalliôre, et

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quelques autres firent une très grande brigue dans le chapitre de Paris pour ruiner le certificat des curés de la même ville par quelque acte tout contraire, sous prétexte des privilèges et des immunités de ce chapitre, pour faire connaître au pape que le véritable clergé de Paris, et celui qui naturellement devait être le conseil de l'archevêque, était contraire à l'ordonnance des grands-vicaires, aussi bien que M. l'archevêque même.

Le but de ces particuliers emportés était de faire un mandement tout contraire, qui serait appuyé de l'autorité de la cour. Dès le 4 août, ils firent quelques efforts pour cela afin de se rendre les maîtres de la signature du formulaire ; mais n'y ayant pas réussi, ils recommencèrent leur batterie dès le lendemain, et pressèrent M. le doyen de mettre l'affaire en délibération. Il s'en défendit sur la lettre que M. Le Tellier lui avait écrite, et sur ce que le roi avait fait dire à M. le théologal, étant à Fontainebleau, qu'il ne voulait pas que l'on fît aucune entreprise dans le chapitre contre l'ordonnance des grands- vicaires de Paris. Mais M. le théologal soutint au contraire que messieurs du conseil de conscience qui étaient alors à Paris l'avaient assuré que le chapitre rendrait au roi un service très agréable, s'il voulait recevoir le formulaire de l'Assemblée et le faire recevoir de ses chanoines, et que cette assurance, étant postérieure à l'ordre qu'on lui avait donné à Fontainebleau, en était la révocation. Comme la contestation dura jusqu'à par delà midi, l'affaire fut remise au lundi suivant.

Cependant M. le doyen envoya en diligence à Fontainebleau vers M. Le Tellier, pour lui faire savoir l'état de l'affaire, et le prier de faire dire par le roi à messieurs du conseil de conscience venus depuis peu à Paris qu'ils y cessassent les poursuites qu'ils faisaient auprès du chapitre au préjudice de l'ordre qui avait été donné à M. le théologal, ou qu'il eût la bonté de s'employer vers le roi pour faire savoir au chapitre quelle était sa volonté sur cette affaire.

Le courrier que M. de Contes avait dépêché à la cour revint le malin du lundi 8 d'août, avec son expédition, qu'il n'avait obtenue qu'avec de très grandes peines. Car s'étant présenté à M. Le Tellier dès l'instant de son arrivée, ce ministre lui avait fait dire qu'il ne pouvait avoir son

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expédition de plus de trois mois, parce qu'elle concernait une affaire qui devait avoir une extrême suite. Le courrie'r insista sur l'extrémité pressante où se trouvait M. le doyen, et le mépris que M, Séguier, théologal, appuyé de l'autorité de messieurs du conseil de conscience, avait fait en plein chapitre de l'ordre du roi. Sur cela^ M. Le Tellier lui promit d'en parler à Sa Majesté, et au sortir du conseil, il dit à cet envoyé qu'il aurait son expédition à deux heures, et donna ordre à un de ses commis de la faire à l'heure même, ce que ce commis fît avec assez de peine. Ainsi cet envoyé étant reparti le soir arriva à Paris le lendemain au matin.

M. le doyen, ayant reçu cette lettre, la mit sur le bureau dès l'entrée du chapitre; et après avoir représenté que c'était une lettre du roi adressante à la compagnie sur l'affaire d'eux grands-vicaires de Paris, il en fît faire la lecture, et demanda ensuite si le chapitre n'était pas dans le dessein de s'y soumettrew M. le théologal voulut remontrer que cette lettre pouvait avoir été obtenue par surprise après une fausse exposition de l'état des choses, ce qui obligeait la compagnie à user d'une grande circonspection dans la délibération qui s'en faisait; que son sentiment était qu'à cause du respect qui est dû à tout ce qui porte le nom auguste de Sa Majesté, le chapitre ordonnât que remontrances lui seraient faites par les députés qu'elle nommerait, et que cependant la compagnie continuât d'achever l'affaire qui était déjà commencée. Sur cela tous les chanoines s'élevèrent contre M. le théologal, à la réserve de six qui furent d'avis des remontrances, et il fut conclu qu'il ne serait rien fait de contraire au contenu de la lettre, tant pour le respect qui était dû à Sa Majesté, que parce que M. le doyen avait assuré qu'en rien du monde il ne voulait blesser les intérêts de la compagnie, par sa qualité de vicaire général. 11 y en eut même quelques-uns qui opinèrent à mettre M. le théologal hors du chapitre comme un brouillon et qui était partie dans cette affaire depuis la signature qu'il avait faite en Sorbonne.

Depuis ce temps-là, ce théologal voulut encore remettre une seconde fois cette affaire sur le bureau; mais il fut généralement repoussé par tous les chanoines, qui lui dirent vigoureusement qu'il devait s'abstenir de brouiller

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