‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 118 sur 440 · LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI

la compagnie. On avait raison de faire justice aux grandsvicaires de Paris pour la conservation de la juridiction de M. le cardinal de Retz, leur archevêque ; mais il était étrange que dans le temps même qu'on les appuyait, on autorisât le mandement du chapitre de Beauvais contre son évêque pour l'exaction de la signature. Ce sont des inégalités et des contradictions qui ne se pourront jamais démêler.

Cette affaire ne fut pas la seule qui avait fait venir à Paris M. l'archevêque de Toulouse et le P. Annat. Dès qu'ils y furent arrivés, M. le lieutenant civil, en vertu d'un nouvel ordre de la cour, étant venu visiter encore une fois les dehors du monastère de Paris, fît commandement aux religieuses de murer deux portes de M"^ la marquise de Sablé qui avaient communication à cette maison, et d'en faire autant à celle de M. de Sévigné, sous prétexte que l'on disait qu'elles servaient de passage aux assemblées nocturnes que l'on prétendait se tenir dans cette abbaye.

M. le doyen de Paris était alors sur la fin de la visite qu'il y faisait avec la satisfaction de n'y trouver que du bien, aussi bien que M. Bail, et faisait assez connaître par sa conduite que si la justification de ces religieuses calomniées n'eût dépendu que de lui, elle leur serait assurée aussi bien que le retour de leurs postulantes et de leurs novices.

Le voyage de M. de Toulouse et du P. Annat produisit encore un troisième effet. Car M. le curé de Saint-Sulpice et les prêtres de sa communauté, ne se contentant point d'avoir persécuté M. Feydeau pour lui faire condamner les cinq propositions et reconnaître qu'elles étaient dans Jansénius, en un temps où il était plus à propos de lui crier : Jésus ilfana, parce qu'il était agonisant, sollicitèrent un ordre de la cour pour faire sceller son cabinet, où l'on espérait de trouver des papiers de grande importance pour la découverte d'une cabale prétendue qui n'avait de réalité que dans la cervelle des Jésuites et des docteurs de leur parti. M. le lieutenant civil en eut encore la commission, mais il l'exécuta sans beaucoup de violence, ne scellant rien dans la chambre du malade ni aux environs, quoiqu'il fît commandement à M. de la Planche, son hôte, de le représenter toutes fois et quantes. Ce scellé donna quelque inquiétude à ses amis dans un temps où les défenseurs de Molina étaient

en possession d'envenimer toutes choses. Mais l'événement fît voir que cette frayeur était vaine, ne s'étant rien trouvé de considérable dans le cabinet du malade, qui était alors hors de danger. On y trouva seulement une lettre un peu forte écrite par M. Du Hamel,curé de Saint-Merry, à M. Rousse, curé de Saint-Roch, pour se plaindre de la cour dans l'affaire du cardinal de Retz. Mais outre que l'affaire était vieille et le cardinal de Retz peu redoutable, on ne se défiait plus guère à la cour de M. Du Hamel depuis qu'il s'était réduit à la signature, et on le considérait comme un homme faible et timide qui ne pouvait plus faire de mal, s'étant séparé de ceux dont l'amitié faisait sa principale force après Dieu*.

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