‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 155 sur 440 · Deux pages blanches au nos · texte numérisé non relu

Deux pages blanches au nos

rien que de solide et de nécessaire. Voici sa lettre et la traduction qui s'en fit dès ce temps-là :

Beatissime Pater.

Etsi institutorum meorum rationem...^.

Afin que ces lettres fussent plus agréablement reçues, il en donna avis par celle-ci au cardinal Grimaldi, qui était alors auprès de Sa Sainteté, et [lui] envoya copie de ce qu'il avait écrit au roi et au pape :

« A Angers, ce 28 avril 1661.

« Monseigneur,

« La faiblesse qui me reste d'une assez longue maladie ne me permettant pas encore d'écrire de ma main, Votre Éminence me pardonnera si je me sers d'une autre pour lui dire que la croyant encore à Rome, et ayant appris qu'elle est favorable pour la cause des disciples de saint Augustin j'ai cru être obligé de lui envoyer copie de ce que j'ai écrit au pape et au roi sur ce sujet. Votre Éminence est informée sans doute de la violence avec laquelle on veut faire signer aux évêques de France un certain formulaire dressé par la dernière Assemblée, qui y a confondu le droit avec le fait, et je m'assure que Votre Éminence ne l'approuve pas. Comme je suis l'un de ceux qui ont refusé de signer ce formulaire, j'en ai écrit mes raisons à Sa Sainteté et à Sa Majesté, et j'ose espérer que Votre Éminence ne les désapprouvera pas si elle daigne se donner la peine de les lire ; et je pourrais peut-être m'en promettre autant à l'égard du pape, si Sa Sainteté voulait souffrir qu'on l'en informât. J'en ai écrit à M. le cardinal Rospigliosi, et lui ai adressé ma lettre à Sa Sainteté avec un traité qui éclaircit, ce me semble, bien nettement la distinction qu'il faut faire du droit d'avec le fait, dans la question dont il s'agit, et duquel j'envoie aussi copie à Votre Éminence. Mais quelque justes que soient mes raisons, j'ai sujet de craindre qu'on n'y ait pas tout l'égard qu'elles méritent, n'ayant pas tout le crédit qu'il faudrait pour cela dans la cour de Rome, où nos adversaires sont tout-puissants. Je ne désespérerai pas néanmoins, Monsei-

1. Oa lit en marge du ms. cette note d'Hermant : Copier cette lettre et la traduction qui s'en fit, et une demi-page est laissée blanche.

gneur, d'y être écouté, si j'ai l'honneur d'être appuyé de Votre Eminence, comme j'espère de l'être si je suis assez heureux pour qu'elle soit à Rome lorsque cette lettre lui sera rendue. Et comme vous pouvez vous intéresser par vous-mêmedans cette affaire, comme étant du corps du clergé de France, personne aussi n'y peut agir plus efficacement, puisque n'étant nécessaire que de débrouiller au pape la confusion qu'on lui veut faire du droit d'avec le fait, il ne pourrait ne se rendre pas aux autoritéset aux exemples que je lui allègue pour prouver* la nécessité de celte distinction, s'ils lui étaient représentés par une personne qu'il voulût entendre. Votre zèle pour la paix et le repos de l'Église engagera sans doute Votre Eminence à contribuer tout ce qui pourra au monde dépendre d'elle en cette occasion ; et j'ose me flatter que l'intérêt particulier que j'y ai (personne n'y étant allé si avant que moi) ne diminuera pas la part qu'y prend Votre Eminence, qui me fait sans doute toujours l'honneur de croire que personne au monde n'est plus véritablement que je ne le suis, etc. »

La lettre de M. d'Angers au cardinal Rospigliosi était conçue en ces termes italiens :

« Em'^^e ReV"" Sig' Padrone Colend"»".

« Trovandomi necessitato di render conto a Sua Santita délia mia condotta intorno a certa formula fatta dall' ultima assemblea dei Prelati per esser da loro sottoscritta, prendo l'ardire d'indirizzare a V. E. la mia lettera a Sua Santita con l'aggiunta scrittura contenente le mie ragioni per non sottoscrivere detta formula. Sperando che la S'* Sua si degni lasciarsi informare délia verita délia cosa et approvera il mio comportamento, e condannera la violenza di quelli, quali sotto vani e ridicolosi prctesti turbano la quiète délia chiesa, Frattanto come non ho io mezzo. alcuno di giustificarmi se non per la grazia el favore di V. E. cosi la supplico umilissimamente di non denegarmelo e compiacersi d'intendere dall' aggiunto piego senza alcuna preoccupazione i miei sentimenti acciô S. S'* conosca senza alcuno colore la verita del negozio dall' oracolo di V. E. la quale sola nel sublime luogo che tiene nella chiesa di Dio puô procurare la tranquillita con spiegare et chiarire gl' imbrogli che l'inquietano dopo tant! anni. E pregandone

Page 1