‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 156 sur 440 · LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI

longhi e felici anni à V. E. resto con ogni ossequio e rispetto di V. E.

« Umilissimo e ossequentissimo servitore

« Angers ai 20 Agosto 1661. »

L'ouvrage dont il était parlé dans ces deux lettres était un écrit latin intitulé : De distinctione juris et facti in causa jansenianâ, qui a été imprimé, et n'a jamais été traduit en notre langue. Nous verrons le peu d'effet que ces pièces firent à Rome d'abord. Mais Dieu a son temps et ses moments, et les premières gouttes d'eau qui tombent sur une pierre ne laissent pas de la creuser aussi bien que les dernières^ quoique l'opération n'en soit pas sensible.

Sur la fin du même mois M. l'évêque de Goutances écrivit cette lettre à M. d'Angers, tant sur la mort de la Mère Angélique, sa sœur aînée, que sur la lettre de ce prélat à Sa Majesté :

« A Paris, au Palais Mazarin, ce 30 août 1661.

ft Monseigneur,

« Quelques voyages que j'ai faits à Fontainebleau m'ont empêché de m'acquitter plus tôt de mon devoir en vous témoignant la part que j'ai prise à la perte que vous avez faite, en la personne de l'illustre et Révérende Mère Angélique. Je suis assuré qu'à moins d'une vertu ferme comme la vôtre on aurait peine à en supporter une si grande pour vous en toute manière. Ce n'est pas que d'ailleurs ses proches et ses amis n'en doivent recevoir une grande consolation et beaucoup de joie, en pensant au repos éternel dont elle jouit maintenant.

« Je ne vous parle point, Monseigneur, de ce qui s'est passé à la cour au sujet de la lettre que vous avez écrite au roi, étant certain que Ton vous en aura donné avis de divers endroits. Comme l'on sait que je suis à vous, et que je prends tout à fait part à ce qui vous touche, l'on m'en avait confié la lecture, avant que de l'envoyer, dont j'ai gardé fidèlement le secret, et j'en dis mon sentiment à Monsieur votre frère, mon bon et intime ami.

« Je ne sais s'il vous en a écrit, et que, Sa Majesté parlant

à quelques prélats de votre lettre, quelques-uns lui rendirent un véritable témoignage de votre mérite et de votre vertu. Mais je suis obligé de vous dire que je sais de bonne part qu'il ne se peut rien ajouter à ce que dit làdessus d'avantageux M. l'archevêque de Toulouse, lequel appuya fortement sur la belle, sage et prudente conduite que vous tenez en votre diocèse ; et vous pouvez bien le croire, Monseigneur, puisque je -le vous écris, n'étant pas d'humeur à flatter, et n'ayant pu apprendre ce talent, si familier aux courtisans, pendant vingt-deux ans de séjour que j'y ai fait. Ce n'est pas un bon chemin pour y faire ses affaires ; mais au moins j'ai grande satisfaction que l'on ne m'y puisse rien reprocher. Mais, Monseigneur, vous voulez bien que je vous demande si vous avez fait vœu de ne point venir voir vos amis par de çà ; car autrement il faudrait se résoudre à vous aller visiter. J'ai été sur le point, allant à Nantes et en Poitou; mais le prompt retour du roi m'a fait différer en un autre temps. Faites-moi, s'il vous plaît, l'honneur de m'aimer toujours, et de me donner quelque part en vos bonnes grâces, et de me croire véritablement, « Monseigneur, « Votre très humble et très obéissant serviteur et confrère.

« Claude, « Evêque de Coutances. »

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