‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 158 sur 440 · LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI

« Hier, sitôt que j'eus reçu celle dont il vous a plu m'honorer, je portai à M. le cardinal Rospigliosi la dépêche que vous m'avez fait adresser pour lai ; et parce qu'il était retiré, je fus contraint de la laisser à un de ses secrétaires pour la lui rendre; et ayant voulu attendre s'il me commanderait quelque chose, je fus fort surpris de la réponse qu'il me fit faire par son dit secrétaire, qui fut que, quoiqu'il avait l'autorité d'ouvrir toutes les dépêches du pape, il se garderait bien d'ouvrir celle que Messieurs les grandsvicaires lui écrivaient, parce qu'il ne croyait pas que Sa Sainteté voulût la recevoir, à cause de l'indignation en laquelle elle était contre eux, à cause du mandement qu'ils avaient fait, et que je pourrais bien recevoir quelque déplaisir de cette commission. A quoi je répondis que je ne savais pas ce que contenaient ces dépêches, comme il est véritable. Et que je pensasse bien à ce que je ferais pour les dits sieurs. Ce qui m'étonna et m'obligea "de répondre que je croyais qu'ils fussent bien avec la cour et Sa Sainteté et que je n'avais jamais eu ni n'avais aucune correspondance avec eux ; ni moins (?) que je n'avais jamais reçu aucune de leurs lettres, ce qui est la pure vérité ; que je ne me mêlais d'aucune de leurs affaires, et que je m'estimais malheureux d'avoir été obligé de lui rendre la dite dépêche, puisque ces messieurs étaient mal en cette cour. Je vous avoue, Monsieur, que je voudrais pour bonne chose n'avoir pas eu cette commission, non pas que je ne sois très aise de vous servir comme j'ai fait pour la provision pour laquelle vous m'avez fait dépêcher un courrier extraordinaire, laquelle vous recevrez avec la présente; mais parce que cela pourrait nuire innocemment aux affaires de Monseigneur le cardinal de Retz, que je révère et honore au dernier point ; et j'aimerais encore mieux mourir que de lui causer le moindre préjudice. Vous apprendrez comme M. du Presnet a passé à Venise avec M. le marquis de Raffetot * pour s'en retourner en France; de sorte que je conserverai ses dépêches pour les consigner à qui vous m'ordonnerez. Et hors des affaires du jansénisme, duquel je ne veux, ni me mêler^ ni intriguer pour quoi que ce soit

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