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comme en effet celui de Denis Raimond ne l'était pas, et n'avait été saisi que par de simples soupçons qu'il fût suspect. Quoiqu'on l'eût chargé d'avoir une correspondance étroite avec M. Fouquet et d'avoir fait forger des canons pour lui, on l'avait reconnu si innocent sur cet article qu'on ne lui en dit pas un seul mot. Les Jésuites, qui s'étaient réjouis de son emprisonnement, se trouvèrent eux-mêmes fort embarrassés dans ce temps-là, parcequ'ilss'étaienttrouvéssurles registres deM.. Fouquet en qualité de pensionnaires pour des sommes considérables, aussi bien que l'abbé de Montaigu qui y était pour 1.500 fr. M™* du Plessis-Bellière, la grande confidente de ce surintendant disgracié, était conduite par leur P. Catillon*. MM, de Brancas* et de Graves, grands dévots de la congrégation du Saint-Sacrement et ardents persécuteurs des disciples de saint Augustin, s'étaient trouvés dans ce registre, et on disait que la charge de premier écuyer de la reine-mère, dont le premier était pourvu, avait été achetée des deniers de ce surintendant^.
Ce jour-là même le long syndicat de M. Guyart, dans lequel il s'était maintenu depuis tant d'années en violant toutes les lois et toutes les formes de la Faculté, finit par une harangue aussi froide que celles qu'il faisait ordinairement dans les plus grandes occasions. Dès le commencement de l'assemblée, M. Cornet avait répandu un bruit sourd que l'intention du roi était que M. Morel fût promu au syndicat, et cela avait porté les anciens docteurs à lui donner leurs suffrages, à la réserve de MM. de Bréda et Gauquelin, et M. l'abbé de Bérulle, que M. Cornet avait fait venir dans l'assemblée pour signer, dit que M. Grandin, n'ayant point déféré aux trois brefs du pape sur le sujet des Carmélites, s'était rendu indigne de cette charge. Mais comme les jeunes docteurs reconnurent par cet avis qu'il lui avait été inspiré par M. Cornet, ils se déclarèrent pour M. Grandin, qui conserva un profond ressentiment contre l'auteur de cette intrigue.
L'affaire des grands-vicaires étant alors l'une aes plus
i. La phrase relative à M™« du Plessis-Bellière a été barrée au ms. et ne figure pas aux copies.