LIVRE XXVIÎ
géra d'avoir recours à vous pour savoir le progrès de ces signatures. Quoi qu'il en soit, vous m'obligerez en tout temps de me faire part de ce que vous apprendrez, quand cela ne servirait que pour entretenir une amitié qui ne doit pas être moindre que celle à laquelle elle succède.
« On a chanté ici le Te Deum pour la naissance de M. le Dauphin. Le chapitre avait coutume de mettre au feu de joie un quarteron de fagots* comme M»"" de Beauvais. Les chanoines en ont mis pour ce feu trois cents, et contre toutes les coutumes, ils ont fait venir des trompettes dans l'église, qu'ils ont fait sonner lorsque Monseigneur donnait la bénédiction, en sorte qu'il a été obligé de s'arrêter pour les faire taire. L'insolence de ces orgueilleux monte toujours, et elle tire avantage de la patience des humbles*. »
Voilà quelle fut la fin de M. Perrault, qui eût rendu de grands services à l'Église et se serait distingué parmi les plus célèbres théologiens de son siècle s'il eût vécu plus longtemps. Mais on peut dire de lui ce que David disait de Jonnthas après sa mort : que sa flèche n'est jamais retournée en arrière, et ce que l'Ecriture dit»de Samson : qu^il avait fait phis mourir de Philistins en mourant que pendant sa vie, parce que le public lui est redevable de la découverte et de la réfutation de la pernicieuse morale des Jésuites, qu'il avait extraite de leurs livres avec un grand soin et examinée avec une pénétration profonde. Le juste volume que nous avons de lui survivra toujours aux flammes que ces Pères ont eu le crédit de faire allumer pour le consumer en cendres3; et cette injuste flétrissure lui sera éternellement glorieuse devant le tribunal de toute la postérité;
M. Hénault, docteur de Navarre, mourut aussi le 13 du même mois de novembre^ et le Père Vignier, de l'Oratoire, le 14""^. L'engagement qu'il avait pris avec M. le cardinal de Retz lui avait attiré une lettre de cachet pendant sa dis-