‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 209 sur 440 · Sic) c'est-à-dire se7'a de votre parti · texte numérisé non relu

Sic) c'est-à-dire se7'a de votre parti

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348 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

sieurs lettres de Rome portaient que le pape, ayant lu celle que M. d'Angers lui avait écrite, en avait été touché et commençait à reconnaître qu'on l'avait trop engagé. Les Jésuites se trouvaient aussi fort chargés dans le papier de M. Fouquet, où l'on voyait que plusieurs d'entre eux étaient pensionnaires, et le P. Annat n'avait point trouvé d'autres moyens de s'en disculper qu'en rejetant cette accusation sur les disciples de saint Augustin.

Les bons Pères pratiquèrent en cette rencontre ce qu'ils avaient toujours employé pour se justifier quand ils se voyaient obligés de répondre aux écrits de ces théologiens qui les pressaient de trop près. Car ils se servaient ou de la main du bourreau pour faire brûler leurs livres par le crédit qu'ils avaient à la cour, ou de la plume du gazetier pour se justifier des erreurs qu'on leur attribuait. Le P. Annat mit en usage ce dernier moyen, et fît insérer cet article dans la Gazette du dernier de novembre. C'était le dixième, daté de Fontainebleau :

» On a été ici fort surpris de voir dans quelques nouvelles manuscrites débitées dedans et dehors du royaume que le nom du Révérend Père Annat fût mêlé parmi ceux qui ont eu quelque liaison avec le sieur Fouquet, ci-devant Surintendant des finances, vu que dans les papiers dont les commissaires de Sa Majesté ont fait la description, il n'est nullement parlé de ce bon Père, dont la sagesse et la conduite peuvent aussi aisément détruire ces calomnies, et faire connaître aux personnes bien éclairées qu'elles ont été débitées par les nouveaux hérétiques, qui feraient mieux de chercher quelque autre matière de consolation pour soulager la douleur qu'ils ressentent de l'opprobre de leur condamnation; comme ceux qui leur servent de trompettes et continuent de publier ces libelles y procéderaient plus sagement et plus salulairement pour eux s'ils mettaient fin à un si méchant commerce, et dont tôt ou tard ils doivent attendre un aussi fâcheux succès qu'il en est naguère arrivé à ceux qui les ont précédés. »

Il aurait été plus aisé aux disciples de saint Augustin d'accuser le P. Annat et sa société de plusieurs chefs de doctrine hérétique, qu'il n'eût été aisé à ce Père de marquer aucune hérésie réelle dont ceux qu'ils traitaient d'hérétiques fussent coupables. Avec toute cette prudence

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