‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 218 sur 440 · Deux pages blanches au ms · texte numérisé non relu

Deux pages blanches au ms

discernement que Von doit faire de ce qu'ils commandent. Tiré de sa septième lettre. » Cet écrit tendait à porter les chrétiens à mettre plutôt leur courage et leur force à bien souffrir pour la vérité qu'à la défendre, et il était plein des sentiments dont l'auteur était tout plein et que l'on a rapportés ci-dessus, les -ayant tirés de quantité de ses lettres. Entre autres paroles de son écrit, celles-ci étaient des plus considérables : « Il faut que nous demandions à Dieu de •tout notre cœur qu'il fortifie ceux qui souffrent,, et qu'il éclaire ceux qui font souffrir. Car par ce moyen, on souffrira saintement et on ne persécutera pas longtemps. »

Cependant la signature s'exécutait dans Fofficialité de Paris. Les religieux avaient oublié en un instant ce que c'était que leurs privilèges pour s'en exempter, et presque tous y couraient avec chaleur. Quelques communautés ajoutèrent des restrictions, d'autres souscrivirent absolument et sans distinguer le fait d'avec le droit, ce que firent aussi quelques particuliers. M. l'abbé Le Normand affecta l'honneur de signer le premier, et M. de Sainte-Beuve, qui souscrivit aussi bien que lui sans restriction, ne signa que le second. Mais comme la cour ne devait revenir à Paris que sur la fin de la semaine suivante, les Jésuites, et entre autres le P. Annat, attendaient ce retour avec impatience pour faire examiner la signature et faire tourmenter ceux qui avaient distingué le fait d'avec le droit.

Dans cet intervalle, quelques disciples de saint Augustin eurent la pensée de présenter requête aux grands-vicaires et au pape même, s'il en était besoin, pour demander l'explication du sens de Jansénius, étant injuste de signer une chose qu'ils ne savaient point, et que personne ne leuravait point encore expliquée. Mais ce projet demeura sans exécution, à cause des grandes difficultés qui s'y rencontrèrent. M. Retard, curé de Magny-Lessart, en marqua plusieurs raisons dans cette lettre qu'il écrivit à M. Arnauld :

« Monsieur,

« Je trouvai hier votre lettre du 21 de ce mois, à mon retour de Mantes où j'ai été dix jours pour voir si le changement d'air ferait quelque chose pour me faire recouvrer la vigueur de ma santé, très altérée par ma maladie. Vous avez bien raison de me dire que le second mandement me doit être

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