Ms. : que d'avoir
et que plusieurs cardinaux pouvaient en cela rendre un fidèle témoignage de ses sentiments. Et enfin il priait ce Père d'assurer Sa Majesté que parmi ses malheurs il priait sans cesse pour elle, et qu'encore qu'ils continuassent, il ne laisserait d'être toujours très soumis à ses volontés.
M"»* la duchesse de Brissac, dirigée par le Père Bagot, jésuite, la lui communiqua aussitôt, et lui demanda ce qu'elle devait faire, vu qu'elle n'avait point de commerce avec M. le cardinal de Retz, et s'était engagée de n'en point avoir. Le Père Bagot lui dit qu'il fallait rendre cette lettre au Père Annat; et en effet dès le lendemain on alla à Fontainebleau la lui porter. Il la lut, mais il la rendit et ne s'en voulut point charger.
Cependant, deux jours après. M"* de Brissac eut ordre de se retirer à Bourges, ce qui fut exécuté si promptement par les instances de la cour, que dès le lundi suivant, quoiqu'elle eût la fièvre, on l'obligea à sortir de Paris, et [elle] alla coucher à Pont-Antoni, où M. son fils fut obligé dès le jour suivant de lui envoyer trois médecins, tant elle était malade. M"" la princesse de Carignan', son amie, la plaignit fort de la bonne foi avec laquelle elle s'était adressée aux révérends Pères, disant d'eux que c'étaient des moines qui n'avaient pensé en cela qu'à leurs intérêts et à leur passion. Mais toute la suite de cette intrigue faisait voir aux plus éclairés qu'on ne pouvait attendre raisonnablement nul bon succès de l'ordonnance des vicaires généraux de M. le cardinal de Retz, avec lequel ils étaient si mal concertés.