‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 267 sur 440 · Ms. : qu'un centon · texte numérisé non relu

Ms. : qu'un centon

2. Tout ce passage, depuis : Un évêque cC Espagne, est barré au m s. et ne figure pas aux copies.

ce sentiment de la Conception immaculée, parce qu'ils ne croyaient pas avoir assez de crédit pour la faire décider. Un de leurs Pères, préchant dans Pamiers, s'était emporté jusqu'à dire, par des apostrophes pleines d'impiété et de blasphème : « Vierge, si vous dites que vous avez été conçue en péché, vous en avez menti ; car c'est vous qui dites : Dominus possedit me in initio viarum suarum. Sainte Église, si vous dites que la Vierge a été conçue en péché, vous en avez menti ; car vous dites : Nobis datus, nobis natus ex intacta Virgine. Saint Esprit, si vous dites que la Vierge a été conçue en péché, vous en avez menti; car vous avez dit : Tota pulchra es arnica mea, et macula non est in te. »

On venait de recueillir en ce temps-là quelques-uns de leurs excès sur cette matière dans la réplique que l'on fit à un écrit de leur Père Ferrier, intitulé : Défense de la Conception immaculée de la Mère de DieUy contre l'auteur d'un libelle qui porte pour titre : Argumenta proposita occasione concionis habitcTe Tolosœ, quam homo felicis memoria? eamdem pronuntiaverat Albiœ à tribus annis, — à Monseigneur de Toulouse.

L'auteur du petit écrit que le Père Ferrier entreprenait de réfuter avait épargné le nom du prédicateur jésuite, par la considération de sa compagnie, quoiqu'entre autres emportements, il eût dit en chaire « qu'il recevrait plutôt les opinions d'Helvidius* et deNestorius, que l'opinion de ceux qui disent que l'on ne sait pas encore le conseil de Dieu sur la conception de la Sainte Vierge. » Cependant les Jésuites, enflés de leur grand crédit, menaçaient de faire brûler ce petit écrit des Jacobins contre leur sermon, prêché dans l'église de Saint-Étienne de Toulouse, et de faire condamner aux galères le libraire qui l'avait imprimé et débité. Mais la réponse du Père Ferrier se trouva si faible, leur prétention si injuste, et la réplique des Dominicains si convaincante, que tout le crédit des bons Pères se trouva court, et ils n'eurent que la confusion de s'en être plaints sans sujet. Tous ces écrits furent envoyés de Limoges à Paris par M. Dumas Boyel, doyen de la même église, sur la fin de février et au commencement de mars de cette année

\. Helvidius, évêque arieo de Milan au iv« siècle.

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