Charles de La Fayette, évoque de Limoges de 1627 à
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M. le Procureur général et de quelques autres magistrats. après leur avoir fait une sévère correction, il leur fut dit qu'absolument on voulait que l'arrêt fût enregistré purement et simplement, sauf à eux, s'ils le jugaient à propos, d'ajouter ensuite du rapport qu'ils auraient fait à la cour de l'enregistrement de l'arrêt, que la cour les aurait loués de leur obéissance, leur promettant, dans les occasions, toutes sortes de protections et de faveurs. M. le Procureur général ajouta qu'ils avaient obligation à M. le Premier Président de ce qu'on avait attendu si longtemps, et que sans lui on les aurait poussés à bout dès les premiers jours. Que l'on savait qu'il y avait dans la Faculté quantité de mauvais serviteurs du roi : « dont vous n'êtes pas du nombre, » dit-il en s'adressant à M. de Bréda, en lui serrant la main, ce que M. Grandin ne put voir sans confusion.
La chose fut exécutée le jeudi suivant, prima mensis, ainsi que la cour l'avait ordonné, et l'enregistrement se fit, et l'acte fut dressé dans les termes qu'elle avait prescrits. Plusieurs docteurs en murmurèrent; mais il fallut passer par là, toutes les portes de la faveur leur étant fermées malgré leurs intrigues et leurs cabales.
On avait dans la province les yeux ouverts sur la conduite que le Parlement tiendrait en celte rencontre, et M. de Vence en écrivit en ces termes à M. d'Andilly le 4 de mars. « Je fais réponse à M. d'Angers, et j'attends celles de MM. de Sens et de Ghâlons-sur-Marne, afin que nous agissions de concert. Pour moi, je crois que Dieu qui résiste aux superbes laissera tomber les bons Pères dans quelque grand et horrible aveuglement; et c'est ici le lieu de ce beau mot de saint Augustin : Spargens pœnales csecitates super illicitas cupiditates. Mais c'est aux évêquesà dissiper ces ténèbres et à les chasser, sinon de leurs esprits (ce qu'il ne semble pas que Dieu veuille faire), au moins d'empêcher qu'elles ne se répandent pas dans les cœurs des fidèles. Il faudrait exciter M. Talon à en porter la plainte au Parlement, et je ne sais pas comment il se peut empêcher de le faire. Un jour on pourra bien lui reprocher son silence en cette occasion, et par les lois du royaume il serait criminel, ayant laissé passer une doctrine si préjudiciable au roi et à l'État sans s'y opposer. MM. les curés sont de vrais pasteurs, et ils font une grande confusion aux évoques, qui sont muets lorsqu'il fau-
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drait hausser leur voix et faire du bruit comme des trompettes. Les grands-vicaires ont un beau sujet de recouvrer leur honneur, qu'ils ont perdu par leur dernier mandement. Nous verrons quel archevêque le roi nous donnera; mais quel qu'il soit, je ne crois pas qu'il veuille et qu'il puisse faire tout ce que les Pères désireront de lui'. Les curés font un grand corps, et sont comme une digue pour empêcher le débordement du torrent. Mais j'ai plus de confiance en Dieu qu'en toute autre défense, et je crois très assurément qu'il ne tiendra pas toujours les mains dans son sein, et qu'enfin il s'éveillera et qu'il rendra la bonace à cette mer si agitée : Et educet nos in refrigerium.
«Je suis tout à vous. »
Le même jour il écrivit encore cette autre lettre à M. d'Angers.
« J'ai envoyé à M. d'Andilly la copie de l'article que j'insère dans l'histoire du quatrième siècle, à propos du cinquième concile, contre la thèse des Jésuites; vous le verrez et me manderez, s'il vous plaît, quel est votre sentiment. Je n'entre point du tout en matière, et ne touche en aucune façon l'infaillibilité du pape, qui est un point délicat, lequel nous devons éviter sur toutes choses. On m'écrit que M. Talon a parlé fortement au roi, et lui a dit qu'il n'y allait pas moins en cette doctrine que de sa couronne. En effet il n'y va pas moins, et le silence du Parlement en cette occasion est tout à fait criminel. Les de Harlay, les Gilot, les Servin auraient fait un beau vacarme. Les curés de Paris font leur devoir. Et pour moi, je crois que Dieu laissera tomber ces bons Pères en quelque grand aveuglement. Vous savez le mot de saint Augustin : Spargens pœnales caecitates super illicitas cupiditales - .
« J'ai écrit à MM. de Sens, de Châlons, de Conserans et de Comminges. S'il est possible, il faut aller de concert et être castrorum acies ordinata.
« Je suis tout à vous. »
L'endroit dont il parle se trouve à la page 283 du livre VI
1. Cette phrase depuis : Sous «errons, est barrée au ms. et ne figure pas aux copies.
2. Tout ce passage, depuis : et le silence, a été barré au ms. par la Mère Le Pérou, qui a écrit en marge : Répé/Hion de ce qui est dans la lettre à M. d'Andilly en la page précédente.