CHAPITRE VI
Les religieuses de Port-Royal font signifier un appel aux grandsvicaires. M. d'Angers écrit au roi tout de nouveau.
La disposition des prêtres de l'Oratoire et celle des religieuses de Port- Royal était alors fort différente sur le sujet de la signature, le Père Senault tâchant avec tout l'empressement possible de la faire exécuter, et ce fut dans cet esprit qu'il écrivit le 14 juillet le billet suivant au Père Martin * :
« Mon Révérend Père.
« La Grâce de Jésus soit avec vous pour jamais.
« C'est une résolution prise non seulement par le conseil, mais par toute la congrégation, de ne souffrir personne parmi nous qui ne signe le formulaire sans restriction, modification, ni explication du fait et du droit. C'est pourquoi si vous ne le faites, vous êtes exclu de la congrégation ipso facto, comme le porte votre ordre. Nous ne saurions vous donner d'autre maison, et il faut que pour notre justifica-, lion vous soyez exclu en celle où vous avez fait refus de signer. Voyez donc ce que vous avez à faire, et si votre conscience ne vous permet pas d'obéir, la nôtre ne nous permet pas de vous retenir. C'est tout ce que vous peut dire celui qui est, etc. »
Dans ce temps là même, l'abbesse et les religieuses de Port-Royal, se voyant sur le point de souffrir les dernières violences des grands-vicaires qui leur allaient ôterle Saint sacrement, leur firent signifier cet acte :
« Aujourd'hui 15 juillet de cette présente année 1662, l'abbesse, la prieure et les religieuses de l'abbaye de Port-
1. Ce passage, depuis : M. de Bernières ne fut pas le seul, est barré au ms, et ne figure pas à la copie.
2. André Martin, prêtre de l'Oratoire et professeur "de philosophie (1621-1695K