‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 32 sur 440 · Ms. ; pressure · texte numérisé non relu

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54 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

hamel de réparer sa faute par une seconde signature et de se servir des restrictions du mandement. Nous verrons combien ce curé de Saint-Merry était attaché à sa première souscription. Mais pendant qu'il recevait cette proposition, sur laquelle il ne voulait pas délibérer, M. l'abbé Le Roy, continuant toujours son éclaircissement, écrivit cette seconde lettre à M. Arnauld le 24 juin :

«. L'amour que Notre-Seigneur me donne pour la droiture et pour l'équité, la disposition toute tranquille où je me trouve, le respect sincère et profond que j'ai pour vous, l'affection ardente et inexplicable avec laquelle je vous honore ne me permettent pas de ne vous point écrire mes sentiments dans les conjonctures où nous sommes avec cette liberté qui doit être entre des enfants de Dieu et des personnes qui sont unies par son esprit et sa vérité. C'est pourquoi, Monsieur^ j'ose prendre la liberté de vous envoyer l'écrit que vous trouverez dans cette lettre. Je l'avais fait avant que d'avoir reçu la vôtre. Et comme je demeure toujours dans les sentiments que j'avais, et que mémeje m'y affermis déplus en plus en considérant toutes choses devant Dieu et par les vues qui me paraissent lesplus chrétiennes J'ai cru qu'encore que cet écrit ait précédé votre réponse, je ne devais point vous envoyer autre chose pour vous répondre. J'ai considéré toutes choses en elles-mêmes^ et sans vouloir faire tomber mes pensées et mes sentiments sur personne ; mais en voulant écrire moi-même la condamnation que je crois que je mériterais devant Dieu et devant les hommes si j'avais signé sans restriction, je me trouve si fortement persuadé que c'est une très grande et très épouvantable tentation que les sentiments que l'on a sur cette signature, et d'un autre côté j'ai tant de respect,, d'estime, d'affection et de déférence pour les personnes qui déclarent ces sentiments, que je pense qu'il faudra que je m'aille cacher au bout du monde si Dieu n'apporte un changement à l'état où les choses sont maintenant. Notre mal est présentement dans sa crise, Monsieur. Il n'y a rien eu d'important comme ce que nous voyons présentement. Je vous conjure donc. Monsieur, par la vérité et la charité de Notre Seigneur, de penser sérieusement à l'importance de cette affaire. Vous savez, Monsieur, l'autorité que Dieu vous a donnée parmi les amateurs de la vérité; vous savez que vous êtes capable

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