‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 347 sur 440 · Ms. : brevet · texte numérisé non relu

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562 MKMOIRKS DE GODEPROI HERMANT

croire la bonne intention du pape de lui vouloir donner satisfaction, et après plusieurs discours sur cette matière, ils arrêtèrent que le dimanche 10 de septembre, il lui donnerait réponse.

M. le nonce eut avis que le bref du pape, ayant été lu dans le conseil, avait commencé à donner le calme ; mais que dans cet instant un gentilhomme de M. l'ambassadeur étant arrivé pour donner avis que son maître avait été contraint de sortir de l'Etat ecclésiastique, avait touché fortement le roi, qui étant sorti promptement du conseil, s'était retiré dans son appartement, pour lire les lettres avec MM. de Lyonne et Le Tellier. Cette matinée là mcme^ avant le conseil, il arriva un ordre du roi de sortir du royaume de France dans le jour même, et ^quoi] qu'il fût survenu un autre bref du pape et les lettres adressées à M. de Lyonne, il ne se fit point d'ouverture de cette affaire, et la lettre que M. le nonce écrivait à M. de Lyonne ne fut point décachetée. La matinée du 14, il fit avant que de partir une autre tentative, avec protestation qu'il voulait un ordre du roi par lequel il apparût de la violence; mais il n'obtint rien.

il marche étant conduit par deux compagnies de soldats qui l'escortent, vingt-cinq devant son carrosse et vingtcinq derrière, qui ne veulent pas souffrir qu'il traite ou parle avec personne, le contraignent de faire dix lieues de chemin par jour, et tous les soirs le tirent de la rue, sans savoir où il doit loger. Ils l'ont mis sur le chemin de Lyon, et font leur compte de le mettre en dix jours hors du royaume, ce qui montre qu'ils ont dessein de le conduire dans le pays de Savoie.

Il a écrit du 14 que dans le premier lieu où il sera mis hors du royaume, il y sera arrêté pour attendre les ordres du pape. Le courrier a rapporté de vive voix que le marquis de Fuentès étant allé pour visiter M. le nonce, les gardes ne [le] lui voulurent point permettre, et que ce marquis fut obligé d'employer la force pour entrer; que deux gardes assistèrent à cette visite, et que n'entendant ni l'espagnol ni l'italien, ils les voulaient obliger l'un et l'autre de parler français.

Les relations qui sont venues de la part de l'ambassadeur portaient qu'il avait été contraint de partir de Rome parce qu'on lui refusait le pain et le vin, en le limitant à une cer-

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