CHAPITRE XV
M. de Châlous fait uu naandemant pour la signature pure et simple du formulaire. Lettre de M.l'évêque de Vence à M. le comte de Brienne, et de M. d'Angers à M. de Beauvais, avec la réponse de ce dernier.
Ceux qui avaient connu M. l'évéque de Châlons dans les premières années des contestations qui s'étaient élevées sur les matières de la grâce, et qui savaient les efforts qu'il avait faits sur l'esprit de quelques-uns de ses amis pour les y engager avec lui, furent surpris en voyant que ce grand zèle se termina enfin à procurer son repos par un mandement qui ordonnait de sa part à ses diocésains de signer purement et simplement le formulaire de TAssemblée. Ceux qui jugèrent moins favorablement de ses intentions crurent qu'il n'avait consulté M. d'Alet sur cette affaire que pour couvrir sa conduite de l'autorité d'un grand nom, et qu'il avait été surpris de le trouver opposé à ses sentiments. Quoi qu'il en soit, sa consultation avait obligé ce saint évéque, qui cherchait Dieu de bonne foi, à ouvrir les yeux sur cette affaire; et quoique d'abord il ne connût pas la
vérité dans toute son étendue, néanmoins la sincérité avec laquelle il en poursuivait la connaissance attira sur lui tant de grâces, qu'encore qu'elles attirassent sur lui la persécution, elles furent néanmoins avantageuses pour procurer la paix à l'Église. Mais M. de Châlons, son ami, la crut devoir acquérir sans tant de peine, et finit en ce temps toutes ses délibérations par cet acte :
« Mandement de Monseigneur l'évêque et comte de Châlons, pair de France, pour la signature des deux constitutions de Nos Saints Pères les papes Innocent X et Alexandre VII, en usant du présent formulaire.
« Félix, par la permission divine, évêque et comte de Châlons, pair de France :
« Bien que les disputes et les troubles qui ont agité quelques diocèses aient épargné le nôtre, que les constitutions des papes y aient été reçues avec beaucoup de respect et très fidèlement observées de tout le monde, et que, par la bénédiction qu'il a plu à Dieu de donner à notre conduite, la véritable et saine doctrine s'y soit heureusement conservée avec une grande paix; nous avons néanmoins été persuadé, par des raisons considérables et conformes à l'esprit et à la pratique de l'Eglise, que nous devions dans la conjoncture présente demandera tous les ecclésiastiques et les religieux de notre diocèse un témoignage public de leur respect et de leur parfaite soumission vers le Saint Siège, en souscrivant à ses constitutions selon le formulaire qui fut dressé pour uniforme exécution par l'Assemblée générale du clergé en 1657, et qui dès lors fut signé par nous. C'est pourquoi nous ordonnons sous les peines de droit à tous doyens, chanoines et chapitres de l'église cathédrale et [des] collégiales, à tous les monastères de religieux et religieuses, encore qu'ils prétendent être exempts et même de nul diocèse; à tous les curés, vicaires, habitués, bénéficiers, et généralement à tous les ecclésiastiques de notre diocèse, et même aux principaux des collèges, régents et maîtres d'école, de souscrire au formulaire mis au bas de ce présent mandement. Ceux qui composent les dits corps ecclésiastiques, séculiers et réguliers feront écrire, sur leurs registres, notre présente ordonnance avec le dit formulaire, y souscriront dans