‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 368 sur 440 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Quatrième lettre de M. d'Augers au roi. Il lui en envoie une qu'il avait écrite à M. le nouce.

Quoique la hrouillerie de Rome eût suspendu pour quelque temps l'affaire que l'on appelait jansénisme, Monseigneur l'évêque d'Angers ne laissa pas de soutenir tout de nouveau la cause de l'Eglise, en écrivant au roi cette lettre, qui n'a pas encore été imprimée :

« Sire, « Après avoir répondu à la lettre du 28 août, dont il a plu à Votre Majesté de m'honorer, et à celle de M. le nonce queje reçus dans le même paquet, ce qui est arrivé à Rome me fit croire que le temps n'était pas propre à envoyer mes réponses. Mais depuis, ayant considéré que Votre Majesté pourrait peut-être trouver mauvais ce retardement, la crainte de lui déplaire me fait lui envoyer ma lettre avec la copie de celle de M. le nonce, et de la réponse que je lui faisais, mais que je ne puis ni ne dois plus lui faire tenir sans la permission de Votre Majesté. Comme votre piété, Sire, vous persuade assez que les affaires de l'Église sont les plus grandes affaires du monde, j'espère que Votre Majesté ne plaindra pas un quart d'heure du temps qu'elle donne aux importantes occasions d'où dépend la félicité de ses peuples pour peser avec attention ce que lui représente un évêque, qui après ce qui regarde la gloire de Dieu, ne considère que celle de Votre Majesté. J'ose me promettre. Sire, que Votre Majesté sera surprise de voir que M. le nonce ait voulu lui faire croire que le pape a levé par son bref aux grands-vicaires de Paris toutes les difficultés qui m'arrêtent et qui arrêtent d'autres évêques; et qu'elle connaîtra enfin combien il est important à son service et à l'honneur de sa couronne de ne pas permettre que, sous son règne, l'on traite les prélats de son royaume d'une manière dont ils ne l'ont jamais été et qu'ils ne pourraient souffrir

sans abandonner lâchement la dignité de leur caractère. Cette grandeur de courage que toute l'Europe admire en Votre Majesté ne vous rendra pas sans doute, Sire, moins jaloux de l'honneur de l'église de France que de celui de votre Etat. Votre Majesté n'endurera pas que l'on asservisse les évêques. ses sujets, à un nouveau joug que leurs pères n'ont jamais porté. Et elle nous obligera au contraire de rendre des actions infinies de grâces à Dieu, de nous avoir donné en la personne de Votre Majesté un prince qui maintiendra notre dignité en son ancien lustre.

« <îe sontles vœux, Sire, que je fais à Dieu, plus pour l'intérêt de Votre Majesté que pour le mien propre, parce qu'il est impossible d'être, non seulement avec un plus profond respect, mais avec une plus ardente passion que je suis, etc. >>

La lettre de M. le nonce dont il est parlé dans celle-ci a été imprimée en ces termes :

« Monseigneur, « Gomme je me tiens fort obligé de la lettre qu'il vous a plu de m'écrire, etc. »>*.

(Voir l'imprimé.)

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