Ou plutôt : d'État
616 MÉMOIRES DE GOnRFROT TÎERMANT
duit pour comparaître ici, sans qu'on puisse plus les | arrêter, laissant à la bonne foi et conscience des accusés de venir se justifier, ou de se sauver s'ils le trouvent plus à propos. Cet effet du crédit de notre gouverneur pour les Corses ses bons amis a donné aux uns nouvelle matière de grande indignation, et aux autres de risée, lorsqu'ils ont appris par cette pièce que des quatre Corses qui sont déclarés coupables, il y en a un qui doit avoir assiégé seul le palais de l'ambassadeur et pris les avenues de toutes les rues qui y aboutissent, puisque notoirement les trois autres étaient en même temps vers Saint-Charles de Gattinari occupés à assassiner l'ambassadrice. La précipitation même et l'aveuglement ont été tels en dressant cette pièce que l'on n'y a pas pris garde à une contradiction manifeste, en ce qu'en sa première partie on accuse les Français d'avoir tué un Italien, nommé Guarnacini, et [en] la seconde on confesse que les Corses l'ont tué. Au retour de l'abbé Rospigliosi, qui était allé trouver le duc de Créquy sans ordre du pape, et sans pouvoir de traiter des satisfactions dues au roi. Sa Sainteté a pris résolution d'envoyer de sa part le sieur Rasponi', secrétaire de la Consulte, et avec pouvoir de traiter, de sorte que l'on sera éclairci bientôt si l'on peut se promettre un bon accommodement, ou si l'on ne veut ici, à l'ordinaire, payer Sa Majesté très chrétienne que de beaux brefs et de belles paroles pour tant d'outrages réels faits à sa dignité. »
Les parents du pape faisaient tous les efforts imaginables pour se disculper en attribuant l'affaire des Corses à un cas fortuit; mais toutes les circonstances faisaient voir que c'était une chose concertée entre eux ; et c'est ce que M. de i Créquy fît voir par une réponse italienne à leur manifeste, 1 faite par son ordre, et qu'il envoya au cardinal d'Arragon et qu'il intitula :
Risposta aile scritture a Manifesti di discolpa de deputati e ministri del Papa per ordine del Signor Amhasciadore Duca de Créquy, mandata al Signor Cardinale Arragone.
Il se publia aussi dans Rome une relation de cet événement sous ce titre :