‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 378 sur 440 · LIVRE XXX · texte numérisé non relu

LIVRE XXX

qui ne crût au moins que, pour une légère expiation de leur crime^ on les y désarmerait et ferait faire amende honorable. D'autres s'imaginèrent qu'on leur mettrait la corde au col, et qu'on changerait leur arquebuse en une rame. Mais lorsqu'on les vit passer outre en ce superbe état, toujours tambour battant et enseigne déployée, de sorte que cette route et ce détour ne leur avaient été ordonnés qu'à dessein de les faire passer en triomphe devant le palais de l'ambassadeur, et ajouter cette nouvelle offense à tant d'autres précédentes, bien loin de les réparer, il n'y a malédiction que toute la ville ne donnât aux auteurs d'un si téméraire et extravagant conseil, dont quelques uns de la congrégation d'Espagne ' protestèrent aussitôt n'avoir rien su, le marquis Matthei, qui commande toutes les troupes, ayant hautement déclaré qu'il n'avait point donné cet ordre, et qu'il ne pouvait procéder que du caprice du gouverneur de cette ville. On a su depuis que la dite compagnie de Corses, arrivant à Civita Vecchia, y a été désarmée et embarquée sur une tartane et sur une galiotte qui ont fait voile du côté de Livourne, non sans de grandes exclamations de tous ces assassins d'avoir été congédiés pour n'avoir fait autre chose qu'obéir aux ordres de leur capitaine, qui, le jour de leur attentat, ayant fait battre le tambour pour les assembler, leur distribua [des arquebuses] devant le palais Farnèse, leur ordonna de tirer, et même contre l'ambassadeur, et envoya en celui de Saint Charles de Gattinari ceux qui attentèrent sur la personne de l'ambassadrice. »

La Gazette suivante n'était pas écrite d'un style plus radouci, et voici ce qu'elle portait de Rome, le 10 octobre :

« Cette cour se repentant d'avoir proscrit les Corses pour la bonne action qu'ils firent le 20 d'août dernier, et appréhendant qu'ils fussent persécutés dans les autres états, on a publié un monitoire dont la narration est toute à leur décharge et à l'accusation des Français, et dont la conclusion est que l'on suspend l'exécution de la taille ci-devant publiée contre les dits Corses, réduisant le nombre des proscrits seulement à quatre, auxquels on donne sauf-con-

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