LIVRE XXX
hormis celles qui auront été faites entre particuliers pour raison de leurs intérêts, soient cassées et annulées, sans qu'à l'avenir elles puissent avoir aucune force ni vigueur, ni qu'en conséquence d'icelles aucun de ceux contre qui elles ont été faites puisse être inquiété ni recherché, et que généralement tout édit et autres actes concernant iesaffaires présentes faites depuis le 'iO août jusqu'à présent soient pareillement cassés et annulés, sans qu'en vertu d'iceux on puisse en quelque temps et sous quelque prétexte que ce puisse être rechercher ceux qui auront contrevenu ;
« 6» Que tous les quartiers et corps de garde établis dans Rome depuis le dit jour 20* d'août soient ôtés;
« 7° Que tous les points étant réglés, on concerte avec M. le duc de Créquy, ambassadeur, de quelle manière il sera reçu à Rome. »
Second parti.
« 1" Que don Mario soit relégué à Sienne pour six ans ;
« 2» Que M. le cardinal Chigi aille légat en France pour faire à sa première audience les excuses de Sa Sainteté au roi, touchant ce qui s'est passé le 20 août 1662 contre M. l'ambassadeur, et pour demander, à la seconde audience, pardon à Sa Majesté pour lui et pour toute sa famille ; les termes dont il se devra servir, tant à la première qu'à la seconde audience, étant auparavant concertés avec le dit sieur ambassadeur;
« 30 Qu'on ôte le chapeau au cardinal Impérial et que son procès lui soit fait et parfait;
« 4° Que le Barigelle de Rome soit cassé et banni de l'État ecclésiastique sa vie durant ;
« 5° Qu'il soit élevé une pyramide dans l'ancien quartier des Corses, avec une inscription dont la substance sera que le pape, pour lui et ses successeurs, déclare la nation corse incapable de porter jamais les armes dans Rome, pour avoir sacrilègement et barbarement attenté sur la personne d'un ambassadeur de France et investi son palais, et qu'en témoignage de l'indignation qu'elle a eue, elle a fait élever ce monument à la postérité.
« Les 3, 4, 5, 6 et 7 articles du premier parti doivent être ajoutés au second. »
Ces propositions d'accommodement n'étaient pas tout à
fait du goût du pape, ni de sa maison. Mais la nécessité était pressante ; et ils virent bien qu'il leur en coûterait malgré eux quelque chose de plus que de simples civilités.