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ville, qui se vantait que biea loin de rien craindre des ressentiments du roi, il avait parole du pape de recevoir en bref une grande et éclatante récompense de sa conduite, même avec des éloges publics de la bouche de Sa Sainteté, en présence de tout le Sacré Collège, pour mieux témoigner le cas qu'elle fait de l'instance de Sa Majesté quand elle demande son chiVliment. Mais on a depuis reconnu que ce qu'on n'imputait qu'à un effet de l'arrogance du dit gouverneur n'avait qu'un trop véritable fondement. Car le troisième du courant, après la Chapelle des morts, le pape ayant fait appeler tous les cardinaux à un consistoire extraordinaire qu'il tint pour ce seul sujet, y érigea premièrement la province de la Marche en nouvelle légation, bien qu'elle ait été supprimée il y a^p4usde vingt-quatre ans pour les grandes oppressions que le dernier légat avait faites à ces peuples là, et ensuite Sa Sainteté déclara Impérial légat de la dite province, au grand étonnement du Sacré Collège, qui voit de cette sorte ériger en idole celui que chacun avouait avoir plutôt mérité par ses fautes d'être la victime du sacrifice que l'on doit au premier roi de la chrétienté, si indignement outragé en l'assassinat de son ambassadeur et en l'entière impunité d'un crime atroce. De vingt-quatre cardinaux dont ce consistoire était composé, il n'y en eut que deux ou trois qui parlèrent sur cette déclaration, mais assez froidement, excepté l'un des compatriotes du dit gouverneur, qui s'étendit un peu davantage, et tout le reste du Sacré Collège demeura muet, comme s'il eût été frappé d'un coup de tonnerre, ce sage Sénat prévoyant bien que Ton [ne] devait attendre que des suites très fâcheuses de cette nouvelle offense faite au roi de sangfroid et de propos délibéré. Et même un mépris public se trouvait joint à l'injure : comme le cardinal d'Arragon le jour précédent avait été à l'audience du pape pour exécuter les ordres qu'il avait reçus du roi catholique [par] un courrier exprès de presser vivement Sa Sainteté, pour la satisfaction du roi très-chrétien, il ne fut point averti de la tenue du dit consistoire, de crainte sans doute qu'il fît une protestation et même une opposition formelle de la part de son maître à une déclaration qui peut être si préjudiciable au repos de l'Italie. Aussi dès que la chose fut rendue publique, toute la cour, tous les ministres des princes et
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toute cette ville déclamaient si hautement contre les auteurs du mauvais conseil qu'on avait donné à Sa Sainteté, que le nouveau légat, reconnaissant qu'il ne pouvait longtemps résister à ce torrent, fut honteusement forcé dès le jour suivant à renoncer de lui-même à l'honneur que le pape lui avait fait, et d'envoyer supplier Sa Sainteté de reprendre sa légation ; ce qui a donné occasion au peuple de dire qu'il eût fallu, pour le bien de tous, que son gouvernement de Rome eût été éphémère aussi bien que cette légation. Cependant, suivant le pronostic des sages, on ne sera pas longtemps sans commencer de ressentir le contre-coup de ces imprudents conseils, et personne ne doute qu'aussitôt que le duc de Créquy sera informé de cette nouvelle offense faite à son maître lorsqu'il facililait de bonne foi tout ce qui pouvait avancer l'accommodement, il rompra toute négociation avec le sieur Rasponi et se retirera en France, faisant savoir en diligence à Sa Majesté qu'elle ne doit plus chercher la réparation de tant d'outrages que dans ses propres forces, sans rien attendre de la disposition de cette cour à le satisfaire. »
Il parut un peu moins de chaleur dans la Gazette du 4 de décembre, dont voici l'extrait :
« La semaine passée l'équipage du duc de Créqiiy fut conduit à Civita-Vecchia, pour y être embarqué sur les galères de Florence qui le doivent porter à Marseille. Quelques jours auparavant, on avait fait la revue dans la place appelée les Thermes de Dioclétien des troupes qui sont en cette ville, entre lesquelles il s'en est levé d'autres qui ont été envoyées du côté de Ferrare. Le 28 du mois dernier, notre ancien gouverneur Impérial sortit d'ici avant le jour *, pour aller au dit lieu de Civita-Vecchia, s'embarquer sur une galère que le pape lui avait fait préparer, pour le transportera Gênes, d'où son dessein est dépasser en France, si le roi lui en accorde la permission, pour se jeter aux pieds de Sa Majesté et implorer sa clémence. On ne s'assure pas néanmoins que cette soumission forcée soit faite assez à temps, ou suffise à présent pour apaiser la juste colère du roi contre lui. Le sieur Bottini, que le Sacré Collège des